Le président américain Donald Trump a affirmé lundi son soutien à une intensification des efforts pour neutraliser les cartels de la drogue opérant au Mexique et en Colombie, dans ce qui s’apparente à une escalade de sa campagne contre le trafic de stupéfiants en Amérique latine. Alors que les tensions diplomatiques s’aggravent, Trump n’a pas exclu la possibilité d’actions militaires ciblées, notamment contre les laboratoires de cocaïne colombiens.
S’exprimant depuis le Bureau ovale, le président américain a déclaré qu’il était favorable à « tout ce qu’il faut pour arrêter la drogue », ajoutant que « fermer ces usines », en référence aux laboratoires de cocaïne en Colombie, serait « une fierté ». Ces propos s’inscrivent dans la lignée des récentes opérations maritimes menées par les États-Unis, qui ont autorisé leurs forces à intercepter et couler les navires soupçonnés de transporter de la drogue dans les eaux des Caraïbes et du Pacifique.
Trump s’est toutefois abstenu d’annoncer explicitement une intervention terrestre américaine au Mexique. Ce positionnement reste en décalage avec les propos du secrétaire d’État Marco Rubio, qui a insisté la semaine dernière sur l’absence de toute opération militaire unilatérale en territoire mexicain. Rubio a souligné que la coopération avec Mexico était à « un niveau record » et que les États-Unis étaient prêts à offrir « du matériel, des formations, des renseignements » si le gouvernement mexicain en faisait la demande.
Du côté mexicain, la présidente Claudia Sheinbaum a démenti au début du mois toute possibilité d’action militaire américaine sur le sol mexicain, en réponse aux rumeurs persistantes d’une mission anti-cartel en cours de planification par Washington. Malgré ses efforts pour maintenir des relations cordiales avec Trump, la perspective d’une intervention américaine reste un sujet extrêmement sensible au Mexique.
Les tensions sont encore plus vives entre Washington et Bogota. Les relations entre Trump et le président colombien Gustavo Petro se sont nettement détériorées ces dernières semaines. En octobre, les États-Unis ont imposé des sanctions à Petro, l’accusant de ne pas lutter efficacement contre les exportations de cocaïne. En réaction, Petro a suspendu le partage de renseignements entre ses forces de sécurité et les agences américaines, exigeant un arrêt immédiat des frappes américaines contre les bateaux dans les eaux régionales.
Dans ce contexte tendu, les propos de Trump pourraient accentuer les divisions au sein de la région, alors que la lutte contre le narcotrafic reste une priorité stratégique pour Washington. Si l’administration Trump poursuit sa ligne dure, en menaçant d’actions unilatérales tout en prônant une coopération conditionnelle, la marge de manœuvre diplomatique pourrait se rétrécir face à des gouvernements latino-américains de plus en plus méfiants et soucieux de préserver leur souveraineté.