RIYAD – Le président américain Donald Trump a rencontré mercredi à Riyad son homologue syrien Ahmed al-Sharaa, dans un geste diplomatique spectaculaire marqué par l’annonce de la levée de toutes les sanctions américaines contre la Syrie. Cette rencontre a également été l’occasion pour Trump d’exhorter Damas à établir des relations diplomatiques avec Israël, pays historiquement ennemi du régime syrien.
La poignée de main entre Trump et Sharaa, en présence du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, symbolise un tournant majeur dans la politique américaine au Moyen-Orient. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a participé virtuellement à l’échange, signe de l’aval régional à ce rapprochement inattendu. Trump a déclaré envisager de normaliser les relations entre Washington et Damas, en appelant la Syrie à suivre l’exemple des Émirats arabes unis, du Bahreïn et du Maroc, signataires des accords d’Abraham.
Cette décision américaine intervient malgré les réticences exprimées par certains responsables de l’administration Trump, ainsi que les objections persistantes d’Israël. Le président syrien Ahmed al-Sharaa, ancien chef d’une branche d’Al-Qaïda en Syrie, avait pourtant coupé les ponts avec le groupe en 2016. Washington avait auparavant placé une récompense de 10 millions de dollars sur sa tête. L’annonce de Trump offre désormais à Sharaa une opportunité de réintégrer la scène internationale, alors que son gouvernement tente de stabiliser un pays toujours fragmenté.
La levée des sanctions devrait faciliter l’action des organisations humanitaires, favoriser les investissements étrangers et relancer le commerce, alors que la Syrie s’emploie à se reconstruire après des années de guerre. Israël, toutefois, maintient sa position de rejet face à toute normalisation avec un régime syrien perçu comme islamiste et hostile. Tsahal a récemment intensifié ses frappes dans le sud de la Syrie et détruit une grande partie de l’équipement militaire syrien depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre dernier.
Trump a également profité de sa tournée régionale pour conclure des accords économiques d’envergure. L’Arabie saoudite a promis 600 milliards de dollars d’investissements aux États-Unis, tandis que des ventes d’armes pour 142 milliards ont été officialisées. Au Qatar, Trump assistera à une visite d’État, au cours de laquelle Qatar Airways devrait annoncer une commande d’environ 100 avions Boeing. Une autre annonce controversée a également marqué la visite : le Qatar offrira un Boeing 747-8 destiné à être transformé en Air Force One pour la bibliothèque présidentielle de Trump, suscitant des critiques sur un possible conflit d’intérêts.
La tournée de Trump se poursuivra jeudi aux Émirats arabes unis, avant un éventuel détour en Turquie, où une rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelenskiy pourrait être organisée.