WASHINGTON, 10 mai 2025 — L’administration Trump affiche son enthousiasme pour une coopération nucléaire civile avec l’Arabie saoudite, qui cherche depuis longtemps à développer sa propre industrie nucléaire. À l’approche du premier déplacement du président Donald Trump à Riyad depuis le début de son second mandat, les États-Unis laissent entrevoir une possible percée dans ce dossier sensible, bien que de nombreux obstacles subsistent.
Selon le secrétaire à l’Énergie Chris Wright, qui a récemment visité l’Arabie saoudite, des « développements significatifs » pourraient survenir cette année concernant l’aide américaine à la construction d’une industrie nucléaire civile dans le royaume. Washington espère ainsi barrer la route à la Chine et à la Russie, également intéressées par ce partenariat lucratif, tout en soutenant ses propres entreprises nucléaires.
Toutefois, les craintes de prolifération nucléaire pèsent lourdement sur ces discussions, notamment la volonté saoudienne d’enrichir son propre uranium. Une telle capacité, bien que techniquement destinée à alimenter des réacteurs civils, pourrait aussi servir à produire des armes nucléaires en l’absence de contrôles stricts. Le prince héritier Mohammed ben Salmane avait d’ailleurs déclaré en 2018 qu’en cas de bombe iranienne, l’Arabie saoudite suivrait « sans aucun doute ».
Le royaume souhaite que les États-Unis construisent une installation d’enrichissement d’uranium sur son sol, en s’appuyant sur ses propres gisements miniers. Mais ces réserves, identifiées en partie avec l’aide de la Chine, seraient économiquement peu rentables selon l’Agence pour l’énergie nucléaire. Autoriser une telle installation irait à l’encontre de la politique américaine de non-prolifération, en vigueur depuis des décennies.
Du côté de Washington, l’administration Trump envisage d’utiliser la coopération nucléaire comme levier dans ses discussions plus larges sur la sécurité régionale, incluant la normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et Israël. Ce projet, en lien avec les Accords d’Abraham, constitue une priorité pour Trump, bien que les négociations précédentes sous l’administration Biden mêlaient aussi des questions de défense et de soutien aux Palestiniens.
Des voix en Israël se sont déjà élevées contre toute concession saoudienne en matière d’enrichissement nucléaire, et les regards se tournent vers l’Iran, qui suit de près toute avancée dans les relations américano-saoudiennes. Ainsi, si l’administration Trump ne s’engage pas encore pleinement dans un partenariat nucléaire, elle pourrait néanmoins envoyer des signaux forts à Riyad et Téhéran quant à ses intentions stratégiques.