WASHINGTON, 30 juillet 2025 — Les nouvelles menaces tarifaires du président Donald Trump à l’encontre du Brésil risquent de se retourner contre lui sur le plan juridique. Des experts affirment que ces mesures, motivées par des considérations politiques, renforcent les arguments de ceux qui contestent la légalité de l’ensemble de sa stratégie commerciale devant les tribunaux fédéraux américains.
Trump a annoncé vouloir imposer, dès le 1er août, un tarif douanier de 50 % sur les importations brésiliennes, en réponse à ce qu’il considère comme une « persécution politique » de son allié Jair Bolsonaro par le gouvernement brésilien. Le Brésil est ainsi placé au même niveau que le Lesotho, qui subit également le taux « réciproque » maximal prévu par la Maison Blanche. Cette décision, la plus sévère prise dans le cadre du programme tarifaire de Trump, intervient alors même que les deux pays entretiennent d’importants liens commerciaux.
Pour Jeffrey Schwab, avocat principal au Liberty Justice Center, cette décision confirme que le président « pense réellement disposer d’un pouvoir illimité en matière de droits de douane ». Il représente plusieurs petites entreprises américaines qui contestent l’usage par Trump de la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (IEEPA) de 1977, utilisée pour justifier ses hausses tarifaires massives contre des dizaines de pays. Schwab a précisé que la menace faite au Brésil serait citée dans les arguments de la défense lors d’une audience prévue cette semaine devant la Cour d’appel fédérale de Washington.
En mai, la Cour du commerce international de New York avait déjà estimé que Trump avait outrepassé ses prérogatives légales en recourant à l’IEEPA pour des raisons commerciales. Bien que les tarifs restent en vigueur pendant la procédure d’appel, l’affaire pourrait remonter jusqu’à la Cour suprême, avec des conséquences potentiellement décisives pour l’ensemble de la politique douanière du président.
Le Brésil, deuxième partenaire commercial des États-Unis en Amérique après la Chine, tente de négocier un accord pour éviter la mise en œuvre des tarifs punitifs. Mais avec Trump concentré sur des négociations jugées plus stratégiques avec des puissances comme la Corée du Sud, le Canada ou le Royaume-Uni, un compromis d’ici le 1er août paraît peu probable.
Cette nouvelle confrontation, qualifiée en privé de « bêtise brésilienne » par un membre de l’entourage présidentiel cité anonymement, pourrait fragiliser une doctrine commerciale déjà critiquée pour son opacité, son caractère unilatéral et son instrumentalisation à des fins politiques. Pour ses détracteurs, elle offre une preuve supplémentaire que Trump n’utilise pas les outils juridiques du commerce international dans le respect de l’État de droit, mais comme leviers de pression à sa convenance.