Trump et Poutine s’accordent pour travailler à un mémorandum de paix avec l’Ukraine
Trump et Poutine s’accordent pour travailler à un mémorandum de paix avec l’Ukraine

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré lundi, à l’issue d’un entretien téléphonique avec son homologue américain Donald Trump, que la Russie était prête à collaborer avec l’Ukraine sur un mémorandum définissant les bases d’un futur accord de paix. Selon Poutine, les discussions engagées sont sur « la bonne voie » pour mettre fin à la guerre déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.

L’échange entre les deux dirigeants intervient après une rencontre sans précédent entre négociateurs russes et ukrainiens en Turquie, première réunion en face à face depuis mars 2022. Poutine a salué le soutien affiché par Trump pour la reprise des discussions bilatérales, affirmant que la Russie proposerait un cadre écrit fixant les principes d’un éventuel règlement et un calendrier de mise en œuvre.

« Nous avons convenu avec le président des États-Unis que la Russie est prête à travailler avec l’Ukraine sur un mémorandum définissant un certain nombre de positions, comme les principes d’un règlement et le calendrier d’un accord de paix », a déclaré Poutine lors d’une conférence de presse à Sotchi, sur les rives de la mer Noire. Il a également souligné que les modalités d’un éventuel cessez-le-feu devraient être discutées dans ce cadre.

Alors que l’Ukraine, soutenue par les États-Unis et plusieurs pays européens, continue d’exiger un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel d’au moins 30 jours, Poutine a affirmé que les négociations en cours offrent « des raisons de croire » en la possibilité d’un règlement global. « L’essentiel pour nous est d’éliminer les causes profondes de cette crise », a-t-il insisté, évoquant une volonté de Moscou d’obtenir des garanties sur sa sécurité stratégique.

Les dirigeants européens accueillent ces développements avec prudence. Nombre d’entre eux redoutent qu’un accord imposé par Trump ne légitime les gains territoriaux de la Russie, amputant l’Ukraine d’une partie significative de son territoire sans offrir de garanties de sécurité durables. Kiev a toujours insisté sur le retrait total des troupes russes et la restauration de son intégrité territoriale comme conditions préalables à tout accord.

Poutine, de son côté, continue de présenter le conflit comme une réponse à l’expansionnisme de l’OTAN et à ce qu’il considère comme une ingérence occidentale dans la sphère d’influence russe. Il accuse l’Occident d’avoir marginalisé la Russie après l’effondrement de l’URSS, et de provoquer la crise actuelle en soutenant l’adhésion de l’Ukraine à l’Alliance atlantique.

Alors que les canaux diplomatiques s’activent, l’issue reste incertaine : si Moscou semble désormais prêt à discuter, la méfiance demeure forte quant à ses intentions réelles et à la nature des concessions que pourraient exiger Trump et Poutine d’une Ukraine épuisée par plus de trois ans de guerre.

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