WASHINGTON/KIEV — Le président américain Donald Trump a déclaré lundi qu’il envisageait de se rendre à Istanbul jeudi pour participer à des pourparlers de paix entre la Russie et l’Ukraine, suggérant que ces discussions pourraient offrir une réelle opportunité de mettre fin à la guerre. Cette éventuelle visite interviendrait au cours de sa tournée au Moyen-Orient, qui le mène cette semaine en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar.
« Ne sous-estimez pas jeudi en Turquie », a lancé Trump depuis la Maison Blanche, ajoutant : « J’envisageais de m’y rendre. C’est une possibilité… mais il faut que nous y parvenions. » Il s’agirait de son second déplacement à l’étranger depuis le début de son second mandat en janvier.
La réaction du président ukrainien Volodymyr Zelenskiy ne s’est pas fait attendre. Sur X, il a salué cette éventualité en appelant à la participation de Trump : « Bien sûr, nous tous en Ukraine apprécierions que le président Trump soit présent avec nous lors de cette réunion en Turquie. » Il a ajouté que sa présence serait « une bonne idée », tout en espérant que la Russie ne se déroberait pas à la rencontre.
Cependant, sur le terrain, les hostilités n’ont pas cessé. Malgré l’appel conjoint de l’Europe et de Kiev à un cessez-le-feu immédiat de 30 jours, la Russie a mené lundi 69 attaques contre les positions ukrainiennes, selon l’état-major de l’armée ukrainienne. Plus de 100 drones kamikazes ont également été lancés dans la nuit, avec des frappes signalées dans les régions de Kharkiv, Soumy et sur un train de marchandises à l’est du pays.
Face à cette poursuite des hostilités, l’Allemagne a déclaré qu’elle commencerait à préparer de nouvelles sanctions européennes contre Moscou si un arrêt des combats n’était pas observé d’ici la fin de la journée. Un porte-parole du gouvernement allemand a averti : « Le temps presse. »
Le Kremlin n’a pas officiellement répondu à la proposition de discussions à Istanbul, bien que le président Vladimir Poutine ait exprimé son soutien à une négociation directe, sans intermédiaires, entre Moscou et Kiev. La dernière rencontre entre Poutine et Zelenski remonte à décembre 2019, et leurs relations sont marquées par un mépris mutuel affiché.
Les États-Unis jouent ici un rôle diplomatique central. Kiev espère convaincre Trump d’appuyer fermement la cause ukrainienne, après un ralentissement du soutien militaire américain depuis le départ de Joe Biden. Moscou, pour sa part, semble vouloir tirer parti du changement d’administration à Washington pour obtenir un allègement des sanctions et une reconnaissance diplomatique accrue.
Dans cette lutte d’influence, les deux capitales tentent d’apparaître comme les plus réceptives aux initiatives de paix promues par Trump, tout en accusant l’autre de saboter ses efforts. Pour l’heure, les combats sur le terrain témoignent d’un décalage flagrant entre la diplomatie et la réalité militaire.
Si Trump choisissait de se rendre à Istanbul, sa présence pourrait servir de levier diplomatique et peser lourd dans les équilibres en jeu. Mais tant que les armes continuent de parler sur le front, la paix semble encore hors de portée.