Le président américain Donald Trump a entamé sa première tournée asiatique de son mandat, un déplacement diplomatique majeur marqué par une rencontre très attendue avec le président chinois Xi Jinping, alors que les États-Unis traversent une paralysie gouvernementale prolongée. Objectif affiché : apaiser la guerre commerciale entre Washington et Pékin et consolider ses positions internationales après avoir récemment négocié un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.
À bord d’Air Force One, Trump a déclaré aux journalistes qu’il espérait « un accord très complet » avec la Chine. Il a indiqué vouloir aborder avec Xi la question du trafic de fentanyl et la suspension des achats chinois de soja américain. « Je veux que nos agriculteurs soient protégés. Et lui aussi a ses demandes », a-t-il affirmé.
Une tournée diplomatique sous tension intérieure
Alors que la fermeture partielle du gouvernement américain entre dans une nouvelle semaine, privant des milliers de fonctionnaires de salaire et provoquant des retards dans le transport aérien, Trump poursuit sa tournée internationale. Cette décision a provoqué la colère de ses opposants : « L’Amérique est à l’arrêt et le président quitte le pays », a fustigé le chef de file démocrate du Sénat, Chuck Schumer.
Le premier arrêt de Trump est prévu à Kuala Lumpur, en Malaisie, où se tient un sommet de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN). Il doit y rencontrer le Premier ministre Anwar Ibrahim et signer un accord avec les dirigeants thaïlandais et cambodgiens, destiné à consolider une trêve que Washington soutient activement. Le président a salué « le rôle décisif » de la Malaisie dans la stabilisation régionale.
En marge de sa tournée, Trump pourrait également s’entretenir avec le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, qui souhaite voir les États-Unis réduire les droits de douane sur les importations brésiliennes.
Un sommet décisif entre Washington et Pékin
Après la Malaisie, le président américain se rendra au Japon et en Corée du Sud. À Tokyo, il doit rencontrer la nouvelle Première ministre Sanae Takaichi, première femme à diriger le pays, ainsi que l’empereur Naruhito. Les discussions devraient porter sur des investissements conjoints de près de 900 milliards de dollars en échange d’un allègement des tarifs américains.
Mais c’est surtout en Corée du Sud que se jouera l’épisode le plus attendu du voyage : la rencontre entre Trump et Xi Jinping, prévue en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Busan. Les deux dirigeants tenteront d’apaiser des mois de tensions économiques après la décision de Pékin d’imposer des restrictions sur les exportations de terres rares essentielles aux technologies américaines.
Interrogé sur ses intentions, Trump a déclaré vouloir évoquer avec Xi le cas de Jimmy Lai, fondateur pro-démocratie de presse à Hong Kong. Quant à un éventuel nouveau face-à-face avec Kim Jong Un, le président américain a écarté l’idée, tout en ironisant : « Ils ont beaucoup d’armes nucléaires, mais pas beaucoup de service téléphonique. »
Cette tournée asiatique, entre diplomatie commerciale, enjeux géopolitiques et paralysie politique interne, illustre le pari risqué d’un président qui entend continuer à peser sur la scène mondiale malgré le blocage de Washington.