Le président américain Donald Trump a obtenu mardi un engagement spectaculaire de 600 milliards de dollars d’investissements de la part de l’Arabie saoudite, à l’occasion du lancement de sa tournée dans les États du Golfe. À son arrivée à Riyad, il a été accueilli en grande pompe par le prince héritier Mohammed ben Salmane, avec qui il a signé un accord de coopération couvrant les secteurs de l’énergie, de la défense, des mines et d’autres domaines stratégiques.
Ce vaste engagement comprend ce que les États-Unis présentent comme le plus grand accord de vente d’armement jamais signé entre les deux pays, d’une valeur de près de 142 milliards de dollars. Bien que les détails de l’accord n’aient pas tous été rendus publics, deux sources ont indiqué que des discussions portaient notamment sur la vente d’avions de chasse Lockheed F-35 à Riyad, une ambition ancienne de l’Arabie saoudite.
Donald Trump, qui effectue cette tournée accompagné de dirigeants d’entreprises américaines telles que Larry Fink (BlackRock), Stephen Schwarzman (Blackstone), Elon Musk (Tesla, SpaceX) et Sam Altman (OpenAI), poursuivra son périple au Qatar mercredi puis aux Émirats arabes unis jeudi. Israël, pourtant un allié proche, ne figure pas à l’agenda du président américain — une absence qui soulève des interrogations à Tel-Aviv, surtout dans le contexte de la guerre à Gaza.
Trump a salué la relation personnelle « amicale » qu’il entretient avec le prince héritier, qualifiant cette collaboration de « très fructueuse » pour les deux nations. Le ministre saoudien de l’Investissement, Khalid al-Falih, a pour sa part souligné que les opportunités économiques entre Riyad et Washington s’étaient « multipliées de manière exponentielle ».
L’Arabie saoudite, qui tire encore 62 % de ses revenus publics du pétrole, cherche à diversifier son économie via le programme Vision 2030 porté par Mohammed ben Salmane. Ce plan ambitieux, qui inclut des projets gigantesques comme la ville futuriste NEOM, est toutefois freiné par la baisse des cours du brut et la hausse des coûts.
Ce rapprochement avec Riyad survient alors que Trump tente d’accroître son influence régionale au détriment de l’Iran, fragilisé par le conflit en cours à Gaza et la perte de plusieurs alliés. Des discussions entre négociateurs américains et iraniens ont eu lieu ce week-end à Oman au sujet du programme nucléaire de Téhéran, Trump menaçant d’intervenir militairement si les pourparlers échouaient.
Dans ce contexte, Trump s’apprêterait à offrir à l’Arabie saoudite un nouveau contrat d’armement dépassant les 100 milliards de dollars. Toutefois, toute avancée vers un accord de normalisation avec Israël — comme ceux signés avec les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc lors du premier mandat de Trump — reste incertaine, en raison de l’opposition de Benyamin Netanyahou à une trêve permanente à Gaza ou à la création d’un État palestinien.