Le président américain Donald Trump a affirmé samedi que la Thaïlande et le Cambodge avaient accepté de se rencontrer immédiatement en vue de conclure un cessez-le-feu, alors que les affrontements meurtriers à leur frontière entrent dans leur quatrième jour. Cette initiative diplomatique intervient alors que le bilan dépasse les 30 morts et que plus de 130 000 personnes ont été déplacées dans la pire crise frontalière qu’ait connue la région depuis plus d’une décennie.
Depuis l’Écosse, où il effectuait une visite, Donald Trump a multiplié les messages sur les réseaux sociaux, annonçant s’être entretenu directement avec le Premier ministre cambodgien Hun Manet et le Premier ministre thaïlandais par intérim, Phumtham Wechayachai. Il les a appelés à engager sans délai un dialogue de paix, menaçant de bloquer tout futur accord commercial avec les deux pays si les hostilités se poursuivaient.
Dans une publication sur Facebook, Phumtham a confirmé que la Thaïlande « accepte en principe la mise en place d’un cessez-le-feu », mais a ajouté qu’elle attendait « une intention sincère de la part du côté cambodgien ». Il a également demandé à Trump de transmettre à Phnom Penh la volonté de Bangkok de convoquer un dialogue bilatéral « dès que possible » afin de proposer des mesures concrètes pour faire cesser les combats.
L’origine exacte des affrontements reste floue, les deux gouvernements se rejetant mutuellement la responsabilité des premiers tirs. Des zones frontalières sensibles ont été touchées par des échanges de tirs nourris, et plusieurs villages ont été évacués. Des « points chauds » continuent d’émerger le long de la frontière, compliquant les efforts de désescalade. Les deux camps affirment avoir agi en légitime défense.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit « profondément préoccupé » par l’escalade de la violence et a exhorté les deux pays à « accepter immédiatement un cessez-le-feu » et à régler leur différend « par le dialogue », selon un communiqué de son porte-parole adjoint Farhan Haq.
Le président en exercice de l’ASEAN, Anwar Ibrahim, a également appelé à un cessez-le-feu immédiat et à une médiation régionale, signalant l’importance de maintenir la stabilité en Asie du Sud-Est, déjà sous pression sur plusieurs fronts géopolitiques.
Alors que les négociations s’annoncent délicates, le rôle personnel assumé par Donald Trump dans cette médiation témoigne d’une volonté de placer les États-Unis au cœur des efforts diplomatiques régionaux. Reste à voir si cette initiative pourra transformer un accord verbal de principe en une désescalade durable.