Trump annonce qu’il décidera dans deux semaines d’une éventuelle attaque américaine contre l’Iran
Trump annonce qu’il décidera dans deux semaines d’une éventuelle attaque américaine contre l’Iran

Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu’il trancherait d’ici deux semaines la question d’une éventuelle intervention militaire directe des États-Unis dans le conflit opposant Israël à l’Iran. Cette annonce intervient alors que les deux pays poursuivent leurs échanges de frappes pour le septième jour consécutif et que des pourparlers diplomatiques sont envisagés autour du programme nucléaire iranien.

Dans une déclaration lue par sa porte-parole Karoline Leavitt, Trump a souligné qu’il existait une « chance substantielle » pour une reprise des négociations sur le nucléaire iranien, mais que Washington devait se préparer à une offensive contre le site ultrafortifié de Fordo, enfoui sous une montagne et réputé inaccessible à l’exception des bombes pénétrantes américaines.

Peu avant, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, avait directement menacé l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, en l’accusant d’être responsable des tirs de missiles qui ont touché jeudi un hôpital majeur dans le sud d’Israël et des zones résidentielles proches de Tel Aviv. Au moins 240 personnes ont été blessées dans ces frappes. Israël a répliqué en bombardant plusieurs sites nucléaires iraniens, notamment dans la ville de Rasht, selon des médias iraniens.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, s’exprimant depuis les décombres du centre médical Soroka à Beersheba, a remercié les États-Unis pour leur soutien tout en se disant confiant que Trump « ferait ce qui est le mieux pour l’Amérique ».

De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est attendu vendredi à Genève pour des discussions avec les représentants de l’Union européenne, du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne. L’Iran, qui affirme que son programme nucléaire est strictement civil, a intensifié ses enrichissements d’uranium jusqu’à 60 %, un seuil proche de l’arme nucléaire, et refuse toute capitulation.

La guerre a déjà fait 657 morts en Iran, dont 263 civils, selon un groupe de défense des droits basé à Washington, tandis qu’en Israël, 24 personnes ont perdu la vie. La frappe sur l’hôpital Soroka a blessé au moins 80 patients et membres du personnel, bien que la majorité ait pu être protégée grâce à l’évacuation partielle de l’établissement ces derniers jours. L’hôpital a dû fermer ses portes à tous les patients sauf aux cas les plus graves.

Israël affirme également avoir visé le réacteur à eau lourde d’Arak pour empêcher une éventuelle production de plutonium, une autre voie vers l’arme atomique. Ce site, dont la modernisation avait été prévue par l’accord nucléaire de 2015, n’a jamais été totalement transformé, et les frappes israéliennes visent selon l’armée à empêcher toute restauration en vue d’un usage militaire.

Alors que l’AIEA a perdu toute visibilité sur la production iranienne d’eau lourde, la tension diplomatique reste vive. Le guide suprême iranien a averti que toute implication militaire américaine provoquerait des « dommages irréparables » pour Washington, tandis que le président du Parlement iranien a accusé Trump de chercher à imposer la paix par la guerre.

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