Dans un geste aussi inattendu que controversé, le président américain Donald Trump a annoncé mardi la levée prochaine de toutes les sanctions économiques imposées à la Syrie. Cette décision, qu’il a présentée comme un tournant stratégique, intervient à la demande explicite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, alors que Trump entame une tournée régionale au Moyen-Orient en commençant par Riyad.
C’est lors du Forum d’investissement saoudo-américain, tenu dans la capitale saoudienne, que le président américain a dévoilé cette décision. Il a déclaré que les sanctions, instaurées sous les administrations précédentes pour sanctionner les crimes du régime de Bachar al-Assad, avaient selon lui « rempli leur rôle ». Il a affirmé qu’il était désormais temps de permettre à la Syrie de « tourner la page » et de « briller », dans un discours qui a surpris la communauté diplomatique internationale.
Le président par intérim syrien, Ahmed al-Sharaa, est attendu à Riyad pour rencontrer Trump mercredi. Cette rencontre, déjà critiquée dans plusieurs capitales occidentales, revêt un caractère particulièrement sensible : Sharaa est un ancien commandant de la branche officielle d’Al-Qaïda en Syrie. Il a dirigé le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Sham jusqu’à sa dissolution en janvier dernier. L’homme a également passé cinq ans dans une prison américaine en Irak, ce qui rend sa légitimation sur la scène internationale d’autant plus controversée.
Deux sources au sein de la présidence syrienne ont confirmé le déplacement imminent de Sharaa en Arabie saoudite. Les sanctions américaines, instaurées durant le règne de Bachar al-Assad, avaient été maintenues après sa chute en décembre dernier, au terme de treize années de guerre civile qui ont ravagé le pays et provoqué des centaines de milliers de morts.
L’Arabie saoudite a joué un rôle central dans le plaidoyer en faveur de la levée des sanctions, estimant que leur maintien entravait la reconstruction de la Syrie et contribuait à l’instabilité régionale. Trump semble avoir répondu favorablement à cette pression diplomatique, affirmant qu’il souhaitait « donner une chance à la grandeur » au peuple syrien.
Cette annonce marque un tournant majeur dans la politique américaine au Moyen-Orient, et suscite déjà des inquiétudes dans les milieux diplomatiques, notamment en raison du passé djihadiste de Sharaa et de la reconnaissance implicite que cette décision pourrait représenter pour son gouvernement de transition.