WASHINGTON/MOSCOU/KIEV – Le président américain Donald Trump a affirmé lundi que la Russie et l’Ukraine allaient entamer « immédiatement » des négociations en vue d’un cessez-le-feu, marquant une nouvelle tentative de médiation dans un conflit qui dure depuis plus de trois ans. Toutefois, aucune concession majeure ne semble avoir été obtenue de la part du président russe Vladimir Poutine lors de leur appel téléphonique de deux heures.
Trump a déclaré sur sa plateforme Truth Social avoir informé le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy ainsi que les dirigeants européens, dont ceux de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et de la Finlande, de son initiative. Il a évoqué un plan de cessez-le-feu et de « FIN de la guerre », tout en se félicitant de « certains progrès ».
Du côté russe, Vladimir Poutine a confirmé que la Russie était prête à travailler sur un mémorandum définissant les bases d’un futur accord de paix avec l’Ukraine, tout en soulignant que le conflit ne pourrait s’achever qu’une fois ses « causes profondes » résolues. Il a réitéré sa volonté d’une résolution globale, sans pour autant accepter la trêve de 30 jours souhaitée par Trump et les Européens.
Les déclarations des deux dirigeants laissent entendre que les négociations à venir se concentreront autant sur les conditions d’un cessez-le-feu que sur les termes d’un accord de paix plus large. Une nouvelle réunion de haut niveau réunissant l’Ukraine, la Russie, les États-Unis et plusieurs pays européens pourrait être organisée prochainement, possiblement en Turquie, en Suisse ou au Vatican — ce dernier s’étant dit, selon Trump, « très intéressé » à accueillir les pourparlers.
Les critiques n’ont pas tardé à fuser. L’ancien Premier ministre suédois Carl Bildt a qualifié l’échange Trump-Poutine de « victoire incontestable pour Poutine », estimant que ce dernier avait habilement esquivé toute pause dans les combats tout en gagnant du temps sur le plan diplomatique.
Volodymyr Zelenskiy, tout en accueillant l’initiative, a exprimé le besoin d’un engagement plus structurant et a rappelé que la paix ne saurait être obtenue sans la participation active des partenaires occidentaux. Trump, de son côté, a lié tout progrès à une rencontre personnelle avec Poutine, affirmant que « rien n’avancera » sans cela.
Alors que les pourparlers s’organisent, Moscou poursuit son offensive, contrôlant près d’un cinquième du territoire ukrainien. Les dirigeants européens, inquiets de la lenteur des engagements russes, exhortent Washington à envisager de nouvelles sanctions si Moscou persiste à refuser un cessez-le-feu immédiat. Pour l’heure, Trump maintient le cap sur une solution négociée, mais le scepticisme reste de mise sur la sincérité de l’engagement du Kremlin.