Trump annonce des négociations avec l’Iran alors que la trêve fragile tient bon
Trump annonce des négociations avec l’Iran alors que la trêve fragile tient bon

DUBAI – Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que des responsables américains et iraniens se rencontreraient la semaine prochaine, alors que la trêve entre Israël et l’Iran semblait tenir pour un deuxième jour consécutif. Cette annonce suscite un espoir prudent de résolution durable après 12 jours de guerre.

Trump, qui s’est attribué le mérite de la médiation du cessez-le-feu, a affirmé lors du sommet de l’OTAN que les frappes américaines avaient « détruit complètement » le programme nucléaire iranien, réduisant selon lui l’intérêt de négociations supplémentaires. « On a signé une trêve, ils se sont battus, la guerre est finie », a-t-il résumé, tout en évoquant la possibilité d’un accord futur.

L’Iran, de son côté, n’a pas confirmé l’existence de pourparlers à venir. Toutefois, l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a évoqué des échanges directs et indirects en cours. Une sixième session de négociations bilatérales prévue en Oman avait été annulée après les frappes israéliennes sur des sites iraniens.

Alors que Trump affirmait que l’Iran « n’enrichira plus » et « n’aura pas de bombe », Téhéran adoptait une position inverse. Le Parlement iranien a accéléré l’adoption d’une loi visant à suspendre la coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dénonçant son silence face aux frappes américaines du week-end.

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a appelé à la reprise rapide des inspections, soulignant que l’Iran est légalement tenu d’autoriser les contrôles sous le Traité de non-prolifération nucléaire. Il a précisé que l’agence avait perdu toute visibilité sur les stocks sensibles d’uranium enrichi depuis le début du conflit.

Côté israélien, des responsables ont affirmé que les frappes menées en coordination avec Washington avaient « repoussé de plusieurs années » la capacité nucléaire iranienne. Un rapport du renseignement américain suggère pourtant que le recul réel ne serait que de quelques mois, ce que Trump a vivement contesté.

Dans un rare message vidéo, l’agence de renseignement israélienne Mossad a revendiqué un rôle déterminant dans la localisation des cibles nucléaires et militaires iraniennes, remerciant la CIA pour sa collaboration. Le chef d’état-major israélien a également confirmé que des opérations secrètes avaient été menées « en territoire ennemi ».

Alors que le cessez-le-feu tient, Witkoff a indiqué que Trump visait désormais un accord de paix « global » allant au-delà du simple arrêt des hostilités. L’Iran, cependant, reste méfiant, estimant que les frappes américaines ont « torpillé la diplomatie » et déclarant que toute discussion future devra garantir la sécurité nationale.

Le bilan humain s’alourdit : l’Iran annonce 606 morts et plus de 5 300 blessés, tandis qu’un groupe indépendant estime le nombre de morts à plus de 1 000. En Israël, 28 personnes auraient perdu la vie. Dans un contexte de tensions persistantes, six prisonniers accusés d’espionnage pour Israël ont été exécutés ces deux dernières semaines en Iran.

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