Le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis pourraient superviser le Venezuela et contrôler ses revenus pétroliers pendant une période prolongée, évoquant une implication qui pourrait s’étendre sur plusieurs années après l’opération militaire ayant conduit à l’arrestation de Nicolas Maduro. Dans une interview accordée au New York Times, il a estimé que « seul l’avenir dira » la durée de cette supervision, ajoutant qu’elle serait « bien plus longue » qu’un an.
Selon Trump, Washington entend jouer un rôle central dans la reconstruction économique du pays, en s’appuyant notamment sur l’exploitation de ses vastes ressources pétrolières. Il a affirmé que les États-Unis comptaient utiliser le pétrole vénézuélien pour faire baisser les prix mondiaux de l’énergie, tout en redistribuant une partie des revenus au pays sud-américain, confronté depuis des années à une grave crise économique et sociale.
Le président américain a également assuré entretenir de bonnes relations avec le gouvernement de transition dirigé par Delcy Rodriguez, ancienne vice-présidente de Maduro. Il a précisé que son secrétaire d’État, Marco Rubio, était en contact « constant » avec les autorités vénézuéliennes intérimaires, sans confirmer s’il s’était lui-même entretenu directement avec Rodriguez.
Trump a par ailleurs indiqué avoir invité le président colombien Gustavo Petro à se rendre à Washington, semblant ainsi écarter, au moins temporairement, la perspective d’une action militaire américaine contre la Colombie. Cette ouverture diplomatique intervient après des déclarations particulièrement virulentes du président américain à l’égard de Bogota ces derniers jours.
Sur le plan énergétique, le chef de la Maison Blanche a annoncé la tenue prochaine d’une réunion avec les dirigeants de grandes compagnies pétrolières américaines, dont Exxon Mobil, ConocoPhillips et Chevron. L’objectif affiché est de discuter de la relance de la production pétrolière vénézuélienne, alors que les États-Unis envisagent de contrôler durablement les ventes et les revenus du secteur.
Le Venezuela, qui possède les plus importantes réserves de pétrole prouvées au monde, s’est considérablement appauvri au cours de la dernière décennie, avec des millions de citoyens contraints à l’exil. Washington et ses alliés accusent de longue date l’ancien pouvoir d’avoir plongé le pays dans la crise par la corruption et la mauvaise gestion, tandis que Caracas imputait jusqu’ici l’effondrement économique aux sanctions américaines. Les déclarations de Trump confirment désormais que les États-Unis envisagent une implication de long terme dans la refonte politique et économique du pays.