RIYAD – Le président américain Donald Trump a entamé mardi sa tournée de quatre jours au Moyen-Orient par une rencontre très médiatisée avec le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane. Au cœur des discussions : le programme nucléaire iranien, la guerre à Gaza, la stabilité des prix du pétrole et plusieurs dossiers économiques stratégiques.
Accueilli chaleureusement dès sa descente d’Air Force One, Trump a été escorté par des avions de chasse saoudiens avant d’être reçu dans un grand salon de l’aéroport de Riyad, où du café arabe traditionnel lui a été servi par des assistants en ceintures d’apparat. Le président américain a ensuite été convié à un déjeuner officiel en présence de chefs d’entreprises influents, dont Elon Musk (Tesla, SpaceX), Larry Fink (BlackRock) et Stephen Schwarzman (Blackstone).
Trump participera également à une conférence d’investissements bilatéraux. Pour Khalid al-Falih, ministre saoudien de l’Investissement, « quand les Saoudiens et les Américains s’allient, de grandes choses arrivent ».
Sur le plan énergétique, Trump mise sur une augmentation de la production pétrolière de l’OPEP+ pour faire baisser les prix et freiner l’inflation. Mais Riyad, dont le budget dépend d’un baril à près de 96 dollars, pourrait ne pas soutenir cet effort sur la durée, alors que le Brent restait sous les 65 dollars lundi.
Ce déplacement s’inscrit aussi dans un contexte de rapprochements économiques controversés : des projets immobiliers de la Trump Organization sont en développement en Arabie saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis, tandis que des contrats sur l’intelligence artificielle, l’énergie et des ventes d’armes sont en cours de négociation. Washington a récemment validé une vente de missiles air-air pour 3,5 milliards de dollars à Riyad.
Mais Trump arrive aussi à un moment diplomatiquement sensible. Il a annoncé un cessez-le-feu avec les Houthis au Yémen sans en informer Israël, suscitant la colère de Benjamin Netanyahou, déjà tenu à l’écart de précédentes discussions sur Gaza ou l’Iran. Le Premier ministre israélien a affirmé : « Israël se défendra seul si nécessaire ».
En excluant Israël de sa tournée, Trump envoie un signal fort : les monarchies du Golfe apparaissent désormais comme ses partenaires prioritaires. Une posture soulignée par l’analyste William Wechsler, selon qui « les gouvernements du Golfe sont aujourd’hui des alliés plus proches de Trump que ne l’est le gouvernement israélien ».
Trump espère néanmoins relancer le processus de normalisation entre Israël et les pays arabes, après les Accords d’Abraham. Mais l’Arabie saoudite pose des conditions claires : garanties sécuritaires américaines, aide nucléaire et avancées concrètes vers un État palestinien. Un objectif compromis par la guerre en cours à Gaza.
Le prince Mohammed a récemment reçu le vice-président palestinien Hussein Sheikh, signal implicite adressé à Washington selon certains observateurs. Le message serait clair : pas de gestes vers Israël sans progrès tangibles sur la cause palestinienne.