Un tribunal thaïlandais a rejeté vendredi les accusations d’insulte à la monarchie visant l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, figure politique influente du pays. Cette décision constitue une première victoire judiciaire dans une série de procès cruciaux pour l’avenir de la dynastie politique Shinawatra.
L’affaire, initiée par des cercles militaires royalistes, portait sur une interview donnée en 2015 par Thaksin à des médias étrangers alors qu’il vivait en exil. La justice a estimé que les preuves présentées étaient insuffisantes pour démontrer une atteinte à la monarchie, un délit passible de peines allant jusqu’à 15 ans de prison en vertu de la loi de lèse-majesté.
« Les éléments fournis par le plaignant montrent que l’interview de l’accusé ne diffame pas, n’insulte pas et ne menace pas le roi, par conséquent l’accusé n’est pas coupable », a déclaré le tribunal pénal de Bangkok.
Souriant et arborant une cravate jaune, couleur associée au palais, Thaksin a annoncé la décision aux journalistes à sa sortie de l’audience, devant environ 150 de ses partisans vêtus de rouge venus le soutenir.
Toujours considéré comme une personnalité centrale de la vie politique thaïlandaise, Thaksin a réaffirmé à plusieurs reprises sa loyauté envers la monarchie depuis son retour au pays en 2023. Il reste toutefois sous la menace d’autres verdicts, notamment sur les conditions controversées de sa détention hospitalière.
Par ailleurs, sa fille Paetongtarn Shinawatra, actuelle Première ministre, pourrait elle aussi faire face à une procédure judiciaire pouvant conduire à sa destitution. Ces dossiers judiciaires maintiennent la famille Shinawatra au cœur des tensions entre institutions royalistes, armée et forces démocratiques en Thaïlande.