La Chine a vivement réagi jeudi aux critiques américaines concernant ses restrictions sur les exportations de terres rares, accusant les États-Unis d’attiser volontairement la panique au sein des marchés mondiaux. Dans un communiqué cinglant, le ministère chinois du Commerce a rejeté les appels lancés par la Maison Blanche pour un assouplissement des contrôles, qualifiant les déclarations américaines de « grossièrement déformées ».
Ces tensions font suite à une série de déclarations du secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, qui a mis en cause un négociateur commercial chinois, insinuant que Pékin utilisait les terres rares comme levier géopolitique pour dominer les chaînes d’approvisionnement critiques. La Chine a réfuté ces accusations, affirmant que ses mesures de contrôle sont conformes aux normes internationales et visent à garantir une utilisation responsable de ces ressources stratégiques.
Les terres rares, essentielles à la fabrication de produits de haute technologie — des smartphones aux équipements militaires —, sont au cœur d’une rivalité croissante entre les deux superpuissances. Pékin contrôle actuellement plus de 60 % de la production mondiale et ses restrictions suscitent de fortes inquiétudes dans les milieux industriels occidentaux, qui redoutent une rupture de l’approvisionnement.
Washington a récemment menacé d’imposer de nouveaux droits de douane si la Chine ne revenait pas sur ses décisions, ce à quoi Pékin a répondu en dénonçant une instrumentalisation politique du commerce. Selon les autorités chinoises, les États-Unis cherchent à faire pression sur les marchés en propageant la peur, dans le but de justifier de futures mesures protectionnistes.
Ce nouvel épisode dans la guerre commerciale sino-américaine souligne les enjeux stratégiques liés aux ressources naturelles critiques, et préfigure une intensification des tensions alors que les deux pays s’apprêtent à rouvrir des négociations économiques dans un climat déjà tendu.