GENÈVE — Les pourparlers organisés ce vendredi à Genève entre des hauts responsables européens et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, n’ont guère permis d’avancer vers une désescalade, dans un contexte que les diplomates eux-mêmes qualifient de « périlleux », marqué par les récents bombardements israéliens sur des sites liés au programme nucléaire iranien.
Autour de la table figuraient notamment le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, son homologue britannique David Lammy, le ministre allemand Johann Wadephul, ainsi que Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères. Les discussions se sont déroulées dans une atmosphère tendue, alors que les capitales européennes appellent à la retenue après une intensification des frappes israéliennes et des représailles iraniennes.
« Nous sommes réunis aujourd’hui dans un moment de grande fragilité pour la sécurité régionale et mondiale », a déclaré Jean-Noël Barrot à la presse, en marge de la réunion. Les ministres ont exhorté Téhéran à renouer le dialogue avec Washington et à s’engager dans une reprise des négociations sur le nucléaire, suspendues depuis des mois.
L’Iran, par la voix d’Abbas Araghchi, a rejeté toute ouverture en ce sens, accusant les États-Unis de soutenir indirectement les actions militaires israéliennes et de n’offrir aucune garantie sérieuse de levée des sanctions. « Il n’est pas question de négocier sous les bombes », a-t-il déclaré, réaffirmant que la sécurité de l’Iran passait avant toute considération diplomatique.
Malgré l’absence d’avancée concrète, les ministres européens se sont dits prêts à revenir rapidement à la table des négociations. « Il n’y a pas d’alternative au dialogue », a insisté Kaja Kallas, soulignant que l’option militaire ne pouvait qu’aggraver l’instabilité régionale. Selon une source diplomatique européenne, un nouveau sommet pourrait être convoqué dès la semaine prochaine si la situation sécuritaire le permet.
Alors que les tensions entre Israël et l’Iran menacent de dégénérer en conflit régional ouvert, les chancelleries européennes s’efforcent de maintenir les canaux diplomatiques ouverts, dans l’espoir ténu de préserver ce qui reste du cadre de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015.