Réunis dans les Rocheuses canadiennes à Banff, les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G7 ont entamé mercredi des discussions délicates, cherchant à surmonter les tensions provoquées par les nouveaux tarifs douaniers imposés par le président américain Donald Trump. L’objectif affiché : éviter la répétition du fiasco du « G6 + 1 » de 2018, où aucun consensus n’avait pu être trouvé sous la présidence précédente de Trump.
Les discussions s’orientent vers la publication d’un communiqué commun qui éviterait les sujets les plus controversés, comme les droits de douane, et se concentrerait plutôt sur la coopération en matière de soutien à l’Ukraine, la lutte contre les crimes financiers, les politiques commerciales non équitables – notamment celles de la Chine – et le trafic de drogue. Plusieurs sources ont toutefois confié que le consensus restait incertain, en particulier sur la formulation à propos de la guerre en Ukraine. Washington aurait demandé la suppression du terme « illégal » qualifiant l’invasion russe dans le projet de déclaration.
La question du plafonnement du prix du pétrole russe, actuellement fixé à 60 dollars le baril, fait aussi l’objet de négociations tendues. L’Union européenne souhaite abaisser ce seuil dans le cadre d’un 18e paquet de sanctions contre Moscou, mais certains partenaires hésitent, craignant une perturbation du marché.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, s’efforce de jouer les conciliateurs. Décrit comme plus souple et pragmatique que d’autres responsables américains, il aurait multiplié les échanges constructifs, notamment avec son homologue allemand Lars Klingbeil et le Japonais Katsunobu Kato. Les pourparlers devraient se poursuivre jusqu’à jeudi matin.
L’enjeu est de taille pour la crédibilité du forum. « Nous ne sommes que sept pays. Si nous ne parvenons pas à nous entendre, c’est un signal extrêmement négatif », a commenté un diplomate européen. Un autre responsable a souligné que Bessent avait, lors du dîner de la veille, montré une réelle volonté de trouver des solutions et d’éviter une fracture.
Pendant ce temps, les partenaires du G7 subissent déjà les conséquences des mesures commerciales américaines. L’Allemagne, le Japon, la France et l’Italie pourraient voir leurs tarifs doublés d’ici juillet, la Grande-Bretagne fait face à 10 % de droits sur la plupart de ses exportations, tandis que le Canada, pays hôte, est encore visé par une surtaxe de 25 % sur de nombreux produits.
Malgré ces tensions, aucun accord bilatéral n’est attendu dans l’immédiat. Les membres du G7 s’efforcent de préserver l’unité du groupe, malgré les divergences croissantes sur le commerce, la Russie et la gouvernance économique mondiale.