Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré lundi qu’il appartenait aux États-Unis de justifier leurs actions au Venezuela après la capture du président Nicolas Maduro, qualifiant la situation de « pas simple » et soulignant la nécessité de s’en remettre au droit international pour en juger.
S’exprimant devant des journalistes à Londres, Keir Starmer a rappelé la position de son gouvernement en faveur d’une transition pacifique vers la démocratie au Venezuela. « C’était notre position avant ce week-end, et cela reste notre position », a-t-il affirmé, insistant sur l’objectif d’un changement politique sans violence.
Le chef du gouvernement britannique a souligné que le droit international constituait la référence centrale pour évaluer les actions des États. « Il appartient bien sûr aux États-Unis de justifier les mesures qu’ils ont prises », a-t-il déclaré, ajoutant que la situation restait complexe et en évolution constante.
Les États-Unis ont arrêté Nicolas Maduro lors d’un raid mené tôt samedi matin avant de le transférer à New York, où il doit être jugé pour des accusations liées au trafic de drogue. Cette opération a suscité de vives réactions internationales et relancé le débat sur la légalité du recours à la force.
Un porte-parole de Keir Starmer a toutefois tenu à établir une distinction nette entre cette intervention et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Selon lui, le raid américain ne saurait être comparé à l’attaque « non provoquée et à grande échelle » menée par Moscou contre un État souverain et démocratique.
La Grande-Bretagne a à plusieurs reprises qualifié d’illégale l’invasion de l’Ukraine par le président russe Vladimir Poutine et a imposé ce qu’elle présente comme la plus vaste série de sanctions jamais décidée contre la Russie. Londres entend ainsi maintenir une ligne fondée sur le respect du droit international, tout en reconnaissant la spécificité du dossier vénézuélien.
Keir Starmer a enfin rappelé que le Royaume-Uni considérait depuis longtemps le régime de Nicolas Maduro comme frauduleux, tout en réaffirmant que toute évolution politique au Venezuela devait, selon lui, s’inscrire dans un cadre légal et conduire à l’instauration d’un pouvoir démocratique.