L’Allemagne a annoncé vendredi qu’elle limiterait ses exportations d’armes vers Israël, dans un revirement diplomatique majeur motivé par l’aggravation de la crise humanitaire dans la bande de Gaza et par un mécontentement croissant de l’opinion publique.
Le chancelier conservateur Friedrich Merz, jusqu’ici fervent soutien de l’État hébreu, a déclaré que les opérations militaires israéliennes ne permettraient pas d’atteindre leurs objectifs officiels : éliminer les combattants du Hamas et ramener les otages israéliens. Selon lui, Berlin suspendra toute livraison pouvant être utilisée directement dans le conflit à Gaza.
Cette décision marque un changement de cap historique pour l’Allemagne, dont le soutien quasi inconditionnel à Israël est depuis longtemps fondé sur la culpabilité liée à l’Holocauste. Merz, élu en février, avait pourtant affiché son alignement sur Tel Aviv, allant jusqu’à inviter Benjamin Netanyahu malgré le mandat d’arrêt émis contre ce dernier par la Cour pénale internationale.
La volte-face reflète la pression exercée par une opinion publique choquée par le nombre élevé de victimes civiles palestiniennes, la destruction d’infrastructures essentielles et les images d’enfants souffrant de la faim. L’ONU et plusieurs ONG alertent sur un risque de famine généralisée à Gaza, tandis que Tel Aviv affirme vouloir renforcer son contrôle militaire sur l’enclave.
Ce geste, rare de la part de Berlin, risque de tendre davantage ses relations avec Israël, tout en illustrant la difficulté croissante pour ses alliés occidentaux de soutenir militairement le pays face aux conséquences humanitaires du conflit.