L’Union européenne a adopté ce mercredi 14 mai un 17e paquet de sanctions contre la Russie. Un nouveau tour de vis qui vise directement les « pétroliers fantômes », ces navires sans pavillon clair, assurés ou immatriculés dans des zones opaques, que le Kremlin utilise pour contourner les embargos sur ses exportations de pétrole.
Désormais, ce sont près de 345 navires qui sont dans le viseur de Bruxelles. Le nouveau train de mesures cible spécifiquement 200 bateaux identifiés comme étant au cœur d’un système clandestin permettant à la Russie d’écouler son pétrole en Asie et en Afrique via des circuits opaques. Trente entreprises liées à cette logistique parallèle sont également sanctionnées, signe que l’UE cherche à frapper les nerfs logistiques du financement de la guerre en Ukraine.
Une pression accrue avant Istanbul
Cette décision intervient à la veille de négociations annoncées à Istanbul entre l’Ukraine et la Russie. Une rencontre à hauts risques, que Volodymyr Zelensky affirme vouloir mener « jusqu’au bout », tandis que la participation de Vladimir Poutine reste incertaine. Emmanuel Macron a d’ailleurs menacé d’un 18e paquet de sanctions si la Russie continue à refuser un cessez-le-feu, alors même que Kiev s’y est dit favorable pour une durée de trente jours.
En ciblant cette fois l’économie parallèle mise en place par Moscou, l’UE durcit clairement le ton. Reste à savoir si cela suffira à infléchir la ligne du Kremlin.