Sanctions contre la Russie : l’UE espère surmonter le blocage de la Slovaquie et de la Hongrie cette semaine
Sanctions contre la Russie : l’UE espère surmonter le blocage de la Slovaquie et de la Hongrie cette semaine

Les diplomates européens se montrent prudemment optimistes quant à la possibilité de débloquer un nouvel ensemble de sanctions contre la Russie cette semaine, alors que la Slovaquie et la Hongrie continuent de faire pression pour obtenir des concessions en matière énergétique. Ce 18e paquet de sanctions, proposé par la Commission européenne, vise à frapper plus durement les revenus énergétiques russes dans l’espoir de pousser Moscou vers un cessez-le-feu en Ukraine.

Le plan comprend des mesures visant les banques russes, ainsi qu’un ciblage accru de la flotte dite « fantôme » de pétroliers servant à contourner les restrictions internationales. Il prévoit également l’interdiction progressive des importations d’énergie russe d’ici 2027. C’est cette dernière disposition qui cristallise les oppositions de la Slovaquie et de la Hongrie, deux pays enclavés qui dépendent encore fortement du gaz russe.

Lundi, les gouvernements slovaque et hongrois ont réaffirmé leur opposition à toute adoption sans amendements, appelant à des exemptions et à des garanties spécifiques pour protéger leurs économies nationales. Le Premier ministre slovaque Robert Fico a déclaré qu’il était prêt à bloquer le vote tant que les inquiétudes de son pays ne seraient pas prises en compte. Bratislava réclame notamment un mécanisme de plafonnement des frais de transit en Europe et un filet de sécurité en cas de pénurie de gaz.

« Nous attendons le résultat du sommet de jeudi, et je crois que la conversation après jeudi sera beaucoup plus facile », a déclaré Ignacy Niemczycki, ministre polonais des Affaires européennes. Un optimisme partagé par plusieurs diplomates à Bruxelles, qui parient sur des concessions de dernière minute et sur une possible modération des demandes slovaques sous pression diplomatique.

Un diplomate européen impliqué dans les discussions a expliqué que la Hongrie serait disposée à suivre si la Slovaquie acceptait un compromis, affirmant que « la Hongrie n’est pas un problème. Si la Slovaquie la laisse faire, la Hongrie la laissera faire aussi ».

En toile de fond, les enjeux économiques sont considérables. Le fournisseur de gaz public slovaque, SPP, a rappelé que son contrat en cours avec le géant russe Gazprom, qui court jusqu’en 2034, représente une valeur estimée à 16 milliards d’euros au prix actuel. En cas de rupture forcée par des sanctions, des compensations pourraient être exigées par Moscou, ce qui alourdirait encore le coût de la transition énergétique pour Bratislava.

La question sera au centre des discussions du Conseil européen, qui se tiendra jeudi et vendredi à Bruxelles. Les Vingt-Sept devront trouver un équilibre entre fermeté à l’égard de la Russie et solidarité avec les États membres les plus vulnérables. La Commission a exprimé sa volonté de négocier des ajustements techniques, mais sans affaiblir l’impact global du régime de sanctions.

Alors que la guerre en Ukraine se prolonge, l’Union européenne cherche à maintenir la pression sur le Kremlin tout en évitant les divisions internes. La capacité des dirigeants à s’accorder sur ce nouveau paquet sera un test crucial pour l’unité du bloc dans la durée.

Partager