Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a affirmé lundi que l’adhésion de l’Ukraine à l’Alliance n’était pas à l’ordre du jour, tout en laissant entendre qu’un mécanisme de protection inspiré de l’Article 5 du traité fondateur pourrait être envisagé pour Kiev. Cette déclaration intervient dans un contexte de discussions intenses entre les États-Unis, l’OTAN et les dirigeants européens, après la rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche.
« La situation est la suivante : les États-Unis et d’autres pays se sont déclarés opposés à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN », a expliqué M. Rutte lors d’une interview sur la chaîne américaine Fox News. Il a toutefois rappelé que la position officielle de l’Alliance reste que l’Ukraine est engagée sur une « voie irréversible » vers l’adhésion, conformément à sa Constitution.
Le secrétaire général a précisé que les discussions actuelles ne portent pas sur une intégration immédiate de Kiev, mais bien sur la mise en place de garanties de sécurité comparables à l’Article 5. Cet article, au cœur du traité de l’Atlantique Nord, établit le principe de défense collective : une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous.
Les contours de ces garanties restent flous et devront être définis plus précisément dans les prochains mois. Pour l’heure, il s’agirait d’un dispositif destiné à dissuader la Russie, qui a envahi l’Ukraine en février 2022, tout en évitant de franchir le pas de l’adhésion formelle.
La question de la sécurité ukrainienne a dominé l’agenda international ces derniers jours. Lundi, le président américain Donald Trump a reçu Volodymyr Zelensky ainsi que plusieurs dirigeants européens à Washington, avant de s’entretenir par téléphone avec Vladimir Poutine. Ces échanges faisaient suite au sommet bilatéral entre Trump et le président russe, organisé vendredi en Alaska.
L’avenir du partenariat entre Kiev et l’OTAN reste donc suspendu à des compromis délicats : assurer à l’Ukraine une protection crédible face à Moscou, sans pour autant franchir le seuil d’une adhésion que plusieurs pays membres jugent prématurée. Pour Zelensky, dont le pays aspire officiellement à rejoindre l’Alliance, ces garanties pourraient représenter une étape intermédiaire cruciale dans la quête de sécurité et de reconnaissance internationale.