Le Royaume-Uni et l’Irlande ont présenté vendredi un nouveau cadre conjoint destiné à gérer l’héritage des décennies de violences sectaires en Irlande du Nord. Cet accord vise à remplacer une loi britannique très controversée, jugée contraire aux droits humains et vivement critiquée par les familles des victimes du conflit.
Le secrétaire d’État britannique pour l’Irlande du Nord, Hilary Benn, et le vice-Premier ministre irlandais, Simon Harris, ont détaillé ce plan à Hillsborough, en Irlande du Nord. Ils ont insisté sur la volonté des deux gouvernements de relancer un processus de vérité et de justice plus crédible et mieux accepté par les parties concernées.
Le nouveau dispositif prévoit notamment une refonte de l’organe chargé d’enquêter sur les crimes du passé, en garantissant une plus grande indépendance et transparence. Les enquêtes judiciaires qui avaient été suspendues sous l’effet de la précédente législation controversée pourront également reprendre, permettant aux familles de poursuivre leur quête de vérité.
La loi britannique initiale, adoptée sous le gouvernement conservateur, avait suscité une opposition quasi unanime des partis nord-irlandais et des associations de victimes, qui dénonçaient une entrave à la justice et une amnistie déguisée pour certains crimes commis durant les « Troubles ».
Ce nouveau cadre, élaboré conjointement avec Dublin, représente une tentative de réconciliation et de rétablissement de la confiance dans les institutions. Il intervient alors que l’Irlande du Nord demeure marquée par les séquelles du conflit, qui a fait plus de 3 500 morts entre la fin des années 1960 et l’Accord du Vendredi saint en 1998.