Le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad Hassan al-Shibani, a rencontré mardi à Paris une délégation israélienne pour évoquer la stabilité régionale et la situation dans le sud de la Syrie, a rapporté l’agence officielle syrienne SANA.
Cette rencontre, tenue sous médiation américaine, marque un développement rare dans les relations entre Damas et Tel-Aviv, officiellement en état de guerre depuis des décennies. Selon SANA, les discussions visaient à réduire les tensions et à explorer des mécanismes pour désamorcer le conflit persistant dans le sud syrien, où Israël mène régulièrement des frappes contre des positions liées à l’Iran et au Hezbollah.
Les détails précis de l’entretien n’ont pas été rendus publics, mais le fait même que de hauts responsables syriens et israéliens se soient assis autour d’une même table constitue un signal diplomatique notable, dans un contexte régional marqué par la guerre à Gaza et la montée des tensions entre Israël, l’Iran et leurs alliés respectifs.
Depuis plusieurs années, Israël multiplie les frappes aériennes en Syrie contre des cibles iraniennes et des dépôts d’armes du Hezbollah, affirmant vouloir empêcher l’établissement d’une base militaire permanente de l’Iran à ses frontières. Damas dénonce ces attaques comme des violations de sa souveraineté et exige leur cessation.
L’initiative, si elle est confirmée, pourrait ouvrir la voie à un canal de communication inédit, même limité, entre deux États ennemis qui n’ont jamais normalisé leurs relations. Toutefois, aucune indication n’a été donnée quant à une éventuelle poursuite de ce dialogue ni aux conditions posées par les deux camps.
Cette rencontre intervient alors que la diplomatie internationale cherche à contenir une escalade régionale, Washington jouant un rôle actif dans la médiation au Proche-Orient. Reste à savoir si cet échange ponctuel débouchera sur une dynamique durable ou s’il restera un geste isolé dans un climat toujours explosif.