Poutine minimise le réarmement de l’Otan : « Ce n’est pas une menace pour la Russie »
Poutine minimise le réarmement de l’Otan : « Ce n’est pas une menace pour la Russie » Le président russe Vladimir Poutine a appelé jeudi à la création rapide d’une branche distincte de l’armée consacrée aux drones, soulignant leur rôle central dans le conflit en Ukraine. Lors d’une réunion sur le développement des armements, il a insisté sur l’urgence de doter l’armée russe de forces de systèmes sans pilote, en réponse à l’évolution des pratiques militaires contemporaines. « Nous créons actuellement des troupes de systèmes sans pilote en tant que branche distincte de l’armée, et nous devons assurer leur déploiement et leur développement rapides et de haute qualité », a déclaré le président, selon les agences de presse russes. Cette initiative marque une étape significative dans la militarisation des technologies de drones, devenues essentielles sur les champs de bataille modernes. Depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022, les drones ont été largement utilisés par les deux camps pour la reconnaissance, les frappes ciblées et la guerre électronique. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a d’ailleurs fait du développement d’une industrie nationale de drones une priorité stratégique. Poutine a reconnu l’importance accordée par l’Ukraine à ces systèmes, tout en affirmant que la Russie n’était « pas en retard » et qu’elle « rassemblait de bonnes expériences » en la matière. Le ministre russe de la Défense, Andreï Belousov, avait déjà proposé fin 2024 la création d’une telle force autonome, en fixant l’objectif à la fin du troisième trimestre 2025. Cette annonce officielle de Poutine confirme la mise en œuvre accélérée de cette stratégie. En parallèle, le président russe a également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de défense aérienne. Il a déclaré que plus de 80 000 cibles avaient été abattues par ces systèmes depuis le début du conflit. Il appelle à l’élaboration d’un programme d’armement garantissant un système de défense polyvalent, capable de répondre à toutes les formes d’attaques aériennes, quelles qu’en soient la technologie ou la provenance. Enfin, lors de l’ouverture de cette réunion sur les armements, Poutine a aussi souligné l’importance de la triade nucléaire russe – ses forces stratégiques terrestres, navales et aériennes – qu’il considère comme la pierre angulaire de la dissuasion militaire nationale. Cette série d’annonces s’inscrit dans un contexte de militarisation croissante et de tensions prolongées avec l’Occident.

À quelques jours du sommet de l’Otan à La Haye, Vladimir Poutine a tenu à rassurer ses alliés et à défier ses adversaires. Lors d’un échange avec des journalistes étrangers à Saint-Pétersbourg, le président russe a estimé que le réarmement de l’Alliance atlantique ne représentait « aucune menace » pour la Russie, en affirmant que son pays disposait de « capacités de défense suffisantes » pour y faire face.

Une déclaration stratégique en pleine tension

Tout en admettant que l’augmentation des dépenses militaires des pays de l’Otan pourrait poser des « défis spécifiques », le chef du Kremlin a affirmé que la Russie continuerait à moderniser ses forces armées. Il a toutefois jugé cette course à l’armement « dénuée de sens » pour les pays occidentaux eux-mêmes, accusant l’Otan de faire monter artificiellement les tensions.

Poutine a également dénoncé comme « absurde » l’idée selon laquelle Moscou chercherait à attaquer l’Alliance atlantique. Selon lui, le conflit en Ukraine relève d’un affrontement plus large avec l’Otan, perçue comme une menace « existentielle » par le pouvoir russe.

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