Peu d’espoir de percée entre l’Australie et l’Union européenne sur le libre-échange, selon Albanese
Peu d’espoir de percée entre l’Australie et l’Union européenne sur le libre-échange, selon Albanese

ROME – Le Premier ministre australien Anthony Albanese a tempéré dimanche les attentes quant à une avancée décisive dans les négociations de libre-échange entre l’Australie et l’Union européenne, alors qu’il doit rencontrer Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, en marge de l’investiture du pape Léon XIV à Rome.

« Je ne m’attends pas à de grandes annonces », a déclaré Albanese à la presse depuis la capitale italienne, selon une transcription publiée samedi. Il a toutefois indiqué qu’il comptait « renouveler cette liaison au niveau des dirigeants » avec Mme von der Leyen, soulignant la nécessité de maintenir le dialogue malgré les divergences persistantes.

Les négociations entre Canberra et Bruxelles sur un accord de libre-échange ont débuté en 2018 mais ont connu un coup d’arrêt en octobre 2023, lorsque l’Australie a rejeté une proposition jugée insuffisante, notamment sur l’accès au marché agricole européen. Des groupes australiens de l’agroalimentaire ont critiqué l’offre européenne, qui selon eux ne répondait pas aux attentes du secteur en matière de viande bovine, ovine, produits laitiers et sucre.

L’absence de progrès majeurs depuis lors a refroidi les espoirs d’un aboutissement rapide. Selon les analystes, la rencontre à Rome aura davantage valeur symbolique que stratégique, marquant une reprise de contact plus qu’une étape vers la conclusion d’un accord.

Les déclarations d’Albanese interviennent dans un contexte de tensions commerciales mondiales croissantes. L’Australie a récemment exprimé son inquiétude face à une série de tarifs douaniers américains annoncés sous l’administration Trump, et cherche à s’associer à d’autres nations pour renforcer les mécanismes du libre-échange dans un cadre multilatéral.

Malgré ces vents contraires, Canberra affirme vouloir poursuivre les négociations avec l’Union européenne. Mais pour parvenir à un accord équilibré, les deux parties devront encore surmonter des désaccords profonds sur les quotas agricoles, les indications géographiques et les normes réglementaires.

En attendant, la rencontre entre Albanese et von der Leyen devrait servir à poser les bases d’un dialogue plus constructif dans les mois à venir, sans pour autant nourrir d’illusions sur une percée imminente.

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