Varsovie n’a pas tardé à réagir après l’intrusion d’une vingtaine de drones dans son espace aérien dans la nuit de mardi à mercredi. Ces engins, venus d’Ukraine et du Bélarus selon les autorités polonaises, ont été dénoncés comme une provocation délibérée de Moscou. La France, en soutien, a annoncé ce jeudi l’envoi de trois Rafale pour contribuer à la protection de l’espace aérien polonais dans le cadre de l’Otan. Emmanuel Macron a précisé sur le réseau X s’être engagé personnellement auprès du Premier ministre polonais Donald Tusk, en coordination avec le secrétaire général de l’Alliance atlantique Mark Rutte et le Premier ministre britannique Keir Starmer. « Nous ne céderons pas face aux intimidations croissantes de la Russie », a affirmé le président français, inscrivant cette décision dans une logique de fermeté collective.
L’affaire portée devant l’ONU
La Pologne ne compte pas en rester là. Son ministre des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a confirmé la saisine du Conseil de sécurité de l’ONU, qui se réunira en urgence vendredi. Varsovie entend alerter la communauté internationale sur une attaque qualifiée de « sans précédent » contre un État à la fois membre de l’Union européenne, de l’Otan et des Nations unies. Moscou rejette toute responsabilité, mais pour Varsovie et ses alliés, l’incursion s’inscrit dans une stratégie de test des défenses occidentales. La Pologne réclame désormais un renforcement visible des moyens militaires de l’UE et de l’Alliance atlantique sur son sol. Dans une région déjà sous tension, l’épisode illustre une nouvelle fois la volonté du Kremlin de pousser ses adversaires jusqu’à leurs limites, quitte à provoquer une réaction coordonnée de l’Ouest.