Paix en suspens : Moscou exige des concessions territoriales massives à Kiev lors des pourparlers d’Istanbul
Paix en suspens : Moscou exige des concessions territoriales massives à Kiev lors des pourparlers d’Istanbul

ISTANBUL, 17 mai 2025 — La Russie a exigé que l’Ukraine retire ses troupes de l’ensemble des régions revendiquées par Moscou, condition posée à l’établissement d’un cessez-le-feu, selon un haut responsable ukrainien ayant connaissance directe des discussions tenues vendredi à Istanbul. Cette revendication va bien au-delà du projet d’accord de paix proposé le mois dernier par les États-Unis.

Les négociateurs russes auraient transmis ces conditions oralement, sans fournir de document écrit, a indiqué cette source sous couvert d’anonymat. Parmi les exigences avancées : le retrait complet des forces ukrainiennes des régions de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia — partiellement occupées par les troupes russes —, ainsi qu’une reconnaissance internationale de la souveraineté russe sur ces zones, en plus de la Crimée annexée en 2014. Le projet américain évoquait uniquement une reconnaissance de facto des territoires occupés, à l’exception de la Crimée pour laquelle une reconnaissance de jure était proposée.

Moscou souhaite également que l’Ukraine adopte un statut de neutralité, renonce à toute arme de destruction massive et interdise la présence de troupes étrangères sur son sol. Une autre exigence : l’abandon de toute demande d’indemnisation pour les dommages causés par la guerre, alors que le projet américain prévoyait au contraire des compensations pour Kiev.

Le Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, a refusé samedi de commenter ces revendications, affirmant que les négociations devaient se poursuivre à huis clos. Officiellement, Moscou s’est dite satisfaite de la rencontre et ouverte à d’autres échanges.

Les pourparlers d’Istanbul, les premiers en trois ans entre les deux camps, ont abouti à un accord sur un échange de prisonniers — 1 000 captifs de chaque côté — mais aucune avancée sur un cessez-le-feu. L’Ukraine a estimé que les demandes russes démontrent un manque de volonté de parvenir à une paix réelle.

Les alliés européens de Kiev font désormais pression sur le président américain Donald Trump pour qu’il impose de nouvelles sanctions à la Russie. Selon des diplomates, l’Ukraine et ses partenaires occidentaux soutiennent un plan alternatif stipulant un cessez-le-feu immédiat, sans discussion préalable sur les frontières.

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