Un tribunal ougandais a rejeté vendredi la demande de libération sous caution de Kizza Besigye, figure historique de l’opposition et quadruple candidat à la présidence, détenu depuis près de neuf mois pour des accusations de trahison.
La décision a été rendue par un juge du tribunal de première instance de Nakawa, dans la banlieue de Kampala, où Besigye comparaissait aux côtés de ses coaccusés, Obeid Lutale et le capitaine Denis Oola. Les détails de l’argumentaire du tribunal n’ont pas été immédiatement communiqués, mais cette décision prolonge une détention déjà dénoncée par de nombreuses voix critiques.
L’affaire survient dans un contexte politique tendu, à quelques mois des élections nationales prévues au début de l’année prochaine. Le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986 et âgé de 80 ans, a confirmé son intention de briguer un nouveau mandat. Les opposants accusent son gouvernement d’instrumentaliser la justice pour écarter les figures politiques susceptibles de mobiliser contre lui.
Plusieurs responsables politiques et organisations de défense des droits humains, dont le leader de l’opposition Bobi Wine, ont exprimé leurs inquiétudes, y voyant un signe supplémentaire de répression politique. Ils dénoncent un climat de harcèlement judiciaire et d’intimidation des opposants, destiné à limiter le pluralisme politique avant le scrutin.
Kizza Besigye, ancien médecin et ex-allié de Museveni avant de devenir l’un de ses plus fervents adversaires, a déjà été arrêté à de multiples reprises au cours de sa carrière politique. Ses partisans réclament sa libération immédiate, affirmant que les accusations portées contre lui sont motivées par des considérations politiques plutôt que par des preuves tangibles.