Netanyahu promet un contrôle total de Gaza alors que la pression humanitaire s’intensifie
Netanyahu promet un contrôle total de Gaza alors que la pression humanitaire s’intensifie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé lundi qu’Israël maintiendra le contrôle total de la bande de Gaza, malgré la pression croissante de la communauté internationale pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et éviter une famine imminente dans l’enclave palestinienne. Alors que l’armée israélienne intensifie son offensive, des appels à la modération se multiplient, y compris de la part d’alliés traditionnels comme les États-Unis.

Dans une vidéo diffusée lundi, Netanyahu a réaffirmé son objectif de « victoire totale », incluant la libération des 58 otages encore détenus par le Hamas et la destruction de l’organisation islamiste. Il a reconnu que même certains des plus fidèles soutiens d’Israël au Congrès américain expriment désormais des inquiétudes croissantes face aux souffrances humanitaires à Gaza. L’armée a d’ailleurs commencé à autoriser l’entrée de convois d’aide, bloqués depuis mars, vers le nord de l’enclave.

L’opération militaire, baptisée « Chariots de Gideon », s’est intensifiée ces derniers jours. L’armée affirme avoir frappé 160 cibles, notamment des infrastructures souterraines, des dépôts d’armes et des positions du Hamas. À Khan Younis, dans le sud de Gaza, l’armée israélienne a également mené un raid d’infiltration, tuant un commandant d’un groupe militant allié au Hamas. Selon les autorités locales, les frappes ont fait plus de 500 morts en huit jours, dont 40 lundi.

Malgré ces opérations, la situation humanitaire à Gaza est jugée catastrophique. L’ONU estime qu’au moins 500 camions d’aide par jour sont nécessaires pour éviter la famine, alors que seulement neuf camions auraient été autorisés à entrer lundi. Le Programme alimentaire mondial affirme disposer de plus de 116 000 tonnes de nourriture prêtes à être livrées, mais la distribution reste entravée.

Un nouveau plan humanitaire soutenu par les États-Unis, prévoyant une distribution privée de l’aide via une Fondation pour Gaza, suscite la controverse. L’ONU et d’autres ONG ont rejeté l’initiative, craignant qu’elle ne remplace les mécanismes d’aide traditionnels. Plus de 100 millions de dollars d’engagements ont déjà été annoncés, mais les détails du plan restent flous.

Pendant ce temps, les négociations indirectes entre Israël et le Hamas menées au Qatar n’ont donné aucun résultat. Le Hamas rejette les propositions israéliennes conditionnant une trêve à l’exil de ses dirigeants et à la démilitarisation de Gaza. La guerre, qui a commencé après une attaque sanglante du Hamas le 7 octobre 2023, a déjà causé la mort de plus de 53 000 personnes selon les autorités locales et a déplacé la quasi-totalité de la population de Gaza.

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