Face à une recrudescence alarmante de violences commises par des colons israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé lundi qu’il convoquerait en urgence plusieurs ministres pour garantir que les responsables soient traduits en justice. Cette déclaration intervient après de violentes attaques dans les villages de Sa’ir et de Jab’a, près de Bethléem, où des maisons et des véhicules palestiniens ont été incendiés.
La situation a été jugée suffisamment grave pour entraîner le déploiement de forces de sécurité israéliennes à Jab’a, selon une déclaration de l’armée. Dans une allocution publique, Netanyahu a dénoncé les violences perpétrées par « un petit groupe extrémiste » et a promis une réponse ferme : « Je considère avec la plus grande sévérité les troubles violents et la tentative de se faire justice soi-même. J’appelle les forces de l’ordre à sévir contre les émeutiers avec toute la rigueur de la loi. »
Israël fait l’objet d’une pression internationale croissante, notamment de la part des Nations Unies, pour juguler les attaques croissantes en Cisjordanie. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, 264 attaques de colons ont été recensées en octobre — un record mensuel depuis le début du suivi de ces violences en 2006. Ces attaques, parfois meurtrières, s’accompagnent souvent de destructions de biens et d’agressions physiques contre des civils palestiniens.
Le gouvernement palestinien a, de son côté, exhorté la communauté internationale à intervenir « rapidement et fermement », accusant Israël de permettre ces violences sous couverture officielle, en violation du droit international. Lors d’une réunion de cabinet, les autorités palestiniennes ont dénoncé ce qu’elles considèrent comme une politique de tolérance, voire de complicité, de la part de l’État israélien.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a annoncé que le gouvernement approuverait prochainement une mesure « historique » pour allouer davantage de ressources à la lutte contre ces actes de violence. Aucun détail n’a encore été donné sur le contenu précis de cette initiative.
En toile de fond de ces tensions, la question persistante des colonies israéliennes continue de miner tout espoir d’une solution à deux États. Environ 500 000 colons israéliens vivent aujourd’hui en Cisjordanie, aux côtés de 2,7 millions de Palestiniens. La communauté internationale, à l’exception notable d’Israël, considère la majorité de ces colonies comme illégales au regard du droit international. Leur expansion rapide au fil des années a profondément fragmenté le territoire, rendant de plus en plus hypothétique l’émergence d’un État palestinien viable.
Malgré les engagements affichés de Netanyahu, de nombreux observateurs doutent de la volonté réelle du gouvernement israélien d’endiguer la violence des colons, en particulier au sein d’une coalition où les partis d’extrême droite favorables aux implantations jouent un rôle clé.