Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche à La Haye pour dénoncer le siège imposé par Israël à Gaza et critiquer l’attitude du gouvernement néerlandais face à la guerre en cours. Selon les organisateurs, ce rassemblement a réuni environ 150 000 participants, faisant de lui l’un des plus importants mouvements de solidarité pro-palestinienne jamais organisés dans le pays.
Les manifestants, dont de nombreuses familles avec enfants, étaient vêtus de rouge pour symboliser une « ligne rouge » contre les violences perpétrées à Gaza. Ils ont défilé dans les rues de la capitale administrative des Pays-Bas, en passant notamment devant la Cour internationale de justice (CIJ), qui examine actuellement une plainte de l’Afrique du Sud accusant Israël de génocide.
L’année dernière, la CIJ avait ordonné à Israël de suspendre ses opérations militaires à Rafah, dans le sud de Gaza, et de garantir un accès humanitaire à la population civile. Des appels similaires ont été réitérés ce dimanche dans les discours tenus lors de la manifestation, qui dénonçaient de présumées violations du droit international humanitaire.
Israël conteste fermement ces accusations, affirmant que ses opérations à Gaza relèvent de la légitime défense et visent exclusivement le Hamas, qualifié d’organisation terroriste par l’État hébreu et plusieurs puissances occidentales. La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023, après une attaque meurtrière menée par le Hamas sur le sol israélien, au cours de laquelle 1 200 personnes, en majorité des civils, ont été tuées et 251 otages pris.
Depuis le début du conflit, près de 55 000 Palestiniens, en majorité également civils, auraient été tués par les frappes israéliennes, selon les autorités sanitaires de Gaza. Une grande partie de l’enclave a été détruite, plus de deux millions de personnes ont été déplacées et la malnutrition est désormais répandue.
Face à cette crise, les critiques envers le gouvernement néerlandais se multiplient. En mai, le ministre des Affaires étrangères, Caspar Veldkamp, avait demandé à l’Union européenne de réévaluer ses accords de coopération avec Israël. Néanmoins, le gouvernement intérimaire, en place depuis la chute de la coalition le 3 juin, s’est jusqu’ici abstenu de toute dénonciation explicite des actions israéliennes.
Les manifestants ont également dénoncé le soutien affirmé de Geert Wilders, leader d’extrême droite dont le parti dirigeait la précédente coalition, à l’État hébreu. Ce soutien contraste avec les appels de plus en plus nombreux, tant aux Pays-Bas qu’ailleurs en Europe, en faveur de sanctions et de mesures concrètes contre les autorités israéliennes.