Les médias israéliens ont accordé une large couverture à la crise que traverse le Premier ministre Benyamin Netanyahou face à la politique de l’administration Trump vis-à-vis de l’Iran, après des fuites indiquant que Washington aurait empêché une frappe israélienne contre des installations nucléaires iraniennes.
Le New York Times a rapporté, citant des responsables américains et des sources bien informées, qu’Israël prévoyait de frapper des sites nucléaires iraniens le mois prochain, mais que Trump s’y était opposé, préférant négocier un accord avec Téhéran pour limiter son programme nucléaire.
Selon le rapport publié mercredi, Israël avait élaboré un plan pour attaquer les sites nucléaires iraniens en mai, afin de compromettre la capacité de l’Iran à développer une arme nucléaire pendant un an ou plus. Cependant, Trump a informé Tel-Aviv de sa décision de ne soutenir aucune attaque contre l’Iran.
Dans ce contexte, le correspondant des affaires étrangères de la chaîne israélienne 13, Yossi Yisrael, a affirmé que l’interdiction de l’attaque révèle les équilibres de pouvoir au sein de la Maison-Blanche.
Selon Yisrael, deux groupes murmurent à l’oreille de Trump :
- Le premier, composé de faucons alignés sur les positions de Netanyahou, inclut notamment le conseiller à la sécurité nationale Michael Waltz, qui soutient une attaque contre l’Iran.
- Le second, plus prudent et favorable à la diplomatie, prône la fin des guerres plutôt que leur lancement. JD Vance, colistier de Trump, et le ministre de la Défense Pete Hegseth, en sont les principaux défenseurs.
Yisrael conclut que ce second groupe a plus d’influence sur Trump, qui a préféré la voie des négociations avec l’Iran, freinant ainsi les ardeurs de Netanyahou.
De son côté, l’ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett a déclaré que la doctrine de Menahem Begin (fondateur du Likoud) en matière nucléaire reposait sur l’attaque et la destruction, comme cela s’est produit en Irak et en Syrie.
Mais selon lui, la doctrine de Netanyahou repose plutôt sur la menace constante, suivie de fuites selon lesquelles il planifiait une attaque, mais qu’elle a été empêchée.
Selon le même journaliste, Bennett suggère presque que Netanyahou lui-même serait à l’origine des fuites au New York Times.
Le journal américain a également rapporté que JD Vance aurait plaidé, lors d’une réunion (soutenu par d’autres), que Trump avait une occasion unique de conclure un accord avec l’Iran.
Jeudi, Trump a déclaré qu’il n’était pas pressé de lancer une attaque contre l’Iran en raison de son programme nucléaire, à la veille des négociations américano-iraniennes prévues à Rome samedi.