Coup d’accélérateur à La Valette. Le premier ministre maltais Robert Abela a annoncé la tenue d’élections législatives anticipées le 30 mai, quelques mois avant le terme normal d’un mandat de cinq ans. Dans la foulée, il a demandé au président de dissoudre le Parlement, ouvrant immédiatement la séquence classique des grandes manœuvres politiques, meetings, promesses et bilans brandis comme des boucliers.
Une campagne éclair sous le signe de la « stabilité »
Au cœur de sa justification, Abela réclame un « nouveau mandat » pour gouverner « uniquement concentré sur les besoins du pays », dans un contexte international qu’il dit instable, entre tensions au Moyen-Orient et crise énergétique. Le chef du gouvernement, travailliste, vise un troisième mandat consécutif et se pose en garant d’une continuité qui rassure, du moins sur le papier. Son parti, déjà en quête d’une quatrième victoire d’affilée, sait aussi qu’une élection anticipée sert parfois à choisir son moment, quand la météo politique paraît favorable et que l’opposition cherche encore son souffle.
En face, le nouveau leader du Parti nationaliste, le conservateur Alex Borg, va passer un premier grand test. Lors des législatives de 2022, les travaillistes avaient obtenu 55,11 % des voix, une avance nette malgré une participation en baisse et l’ombre persistante de l’affaire Daphne Caruana Galizia, symbole d’un débat jamais refermé sur la gouvernance et la corruption. Abela, lui, avait mis en avant sa gestion de la pandémie et la solidité de l’économie, quand ses adversaires dénonçaient notamment des aides distribuées juste avant le scrutin et leurs propres divisions internes… Cette fois, la campagne sera courte, nerveuse, et chaque jour comptera.
Communauté
Commentaires
Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.
Soyez le premier à commenter cet article.