Malgré les menaces de Trump, l’Iran maintient le cap des négociations nucléaires
Malgré les menaces de Trump, l’Iran maintient le cap des négociations nucléaires

TÉHÉRAN — Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé samedi que son pays poursuivrait les négociations avec les États-Unis sur son programme nucléaire, tout en rejetant les menaces de Washington. Dans un discours adressé aux responsables de la marine, diffusé à la télévision d’État, il a déclaré : « Nous négocions, et nous continuerons à négocier. Nous ne cherchons pas la guerre, mais nous ne craignons aucune menace. »

Le chef de l’État a souligné que l’Iran ne renoncerait pas à ce qu’il considère comme ses « droits humains et droits inaliénables » en matière de développement militaire, scientifique et nucléaire. Les discussions entre Téhéran et Washington ont atteint un stade « technique », selon les autorités, mais l’enrichissement d’uranium reste un point de blocage majeur. Alors que l’Iran insiste pour conserver cette capacité, l’administration Trump réclame son abandon complet.

Donald Trump a répété à plusieurs reprises qu’il pourrait autoriser des frappes aériennes contre les installations nucléaires iraniennes si aucun accord n’était trouvé. Des responsables iraniens ont averti en retour qu’ils pourraient envisager la mise au point d’une arme nucléaire, leur stock d’uranium étant désormais proche du niveau de qualité militaire. Malgré cela, les services de renseignement américains estiment que Téhéran ne poursuit pas activement un tel objectif.

Mohammad Eslami, à la tête de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, a de son côté réaffirmé le caractère strictement civil du programme. Il a souligné que celui-ci est étroitement surveillé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui aurait procédé à plus de 450 inspections en Iran en 2024, représentant à elles seules environ 25 % de toutes les inspections mondiales de l’agence onusienne.

Parallèlement, les tensions régionales restent vives. Israël menace régulièrement de frapper les installations nucléaires iraniennes s’il se sent menacé, dans un contexte déjà explosif en raison de la guerre en cours à Gaza entre Israël et le Hamas.

Réagissant pour la première fois à la récente tournée régionale de Donald Trump, le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a vivement critiqué l’ancien président américain. Selon lui, Trump « a menti » en affirmant vouloir instaurer la paix par la force. « Il a utilisé la puissance pour massacrer à Gaza, pour faire la guerre partout où il le pouvait », a-t-il accusé.

Khamenei a également condamné l’aide militaire américaine à Israël, notamment la fourniture de bombes lourdes utilisées selon lui contre des civils. Il a réitéré son hostilité radicale envers l’État hébreu, le qualifiant de « tumeur cancéreuse » qui « doit être éradiquée et le sera ».

Enfin, le Guide a affirmé que l’influence américaine sur les pays arabes était en déclin, et prédit un retrait futur des États-Unis de la région. Un message qui s’inscrit dans la ligne dure défendue par Téhéran depuis le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord nucléaire de 2015, décidé par Trump en 2018.

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