Le président vénézuélien Nicolás Maduro s’est dit disposé à négocier un accord avec les États-Unis pour lutter contre le trafic de drogue, tout en évitant de commenter une opération attribuée à la CIA sur le sol vénézuélien. Ses déclarations ont été diffusées jeudi à la télévision d’État, dans un entretien préenregistré accordé au journaliste espagnol Ignacio Ramonet.
Au cours de cette interview, enregistrée la veille du Nouvel An, Maduro a accusé Washington de chercher à provoquer un changement de régime à Caracas et à accéder aux vastes réserves pétrolières du pays par une campagne de pressions entamée depuis plusieurs mois, marquée notamment par un important déploiement militaire américain dans la mer des Caraïbes. Selon lui, les États-Unis tenteraient d’imposer leur volonté « par la menace, l’intimidation et la force », avant d’ajouter qu’il était temps pour les deux pays de « commencer à parler sérieusement, chiffres à l’appui ».
Le chef de l’État vénézuélien a assuré que son gouvernement était prêt à coopérer sur la question du narcotrafic. Il a également affirmé que le pays restait ouvert aux investissements américains dans le secteur pétrolier, citant notamment Chevron, seule grande compagnie américaine à exporter encore du brut vénézuélien vers les États-Unis. Le Venezuela détient les plus importantes réserves de pétrole prouvées au monde.
Ces déclarations interviennent alors que l’armée américaine a annoncé, le même jour, de nouvelles frappes contre des embarcations soupçonnées de trafic de drogue. Selon l’administration du président Donald Trump, cinq bateaux auraient été visés lors de la dernière opération, portant à 35 le nombre total de frappes connues depuis le début de cette campagne, et à au moins 115 le nombre de morts, parmi lesquels figureraient des ressortissants vénézuéliens. La Maison Blanche justifie ces opérations par la nécessité d’endiguer l’afflux de stupéfiants vers le territoire américain et affirme être engagée dans un « conflit armé » contre les cartels.
Parallèlement, deux sources proches du dossier ont indiqué qu’une frappe de drone menée la semaine dernière contre une zone d’amarrage au Venezuela, soupçonnée d’être utilisée par des cartels, aurait été conduite par la CIA. Il s’agirait de la première opération connue de ce type sur le sol vénézuélien depuis le début des frappes en mer, marquant une escalade notable dans la pression exercée sur Maduro, poursuivi aux États-Unis pour narcoterrorisme.
Interrogé sur cette opération présumée menée sur le territoire national, le président vénézuélien s’est contenté de répondre qu’il pourrait « en parler dans quelques jours », sans donner davantage de détails.