L’Ukraine maintient le flou sur sa participation aux pourparlers de paix du 2 juin à Istanbul
L’Ukraine maintient le flou sur sa participation aux pourparlers de paix du 2 juin à Istanbul

KIEV/MOSCOU — À deux jours d’une nouvelle tentative de négociation entre Moscou et Kiev, l’Ukraine laisse planer le doute sur sa participation aux pourparlers de paix prévus le 2 juin à Istanbul, conditionnant sa venue à la réception préalable de propositions concrètes de la part de la Russie. Cette incertitude intervient alors que les pressions diplomatiques, notamment venues de Washington, s’intensifient pour relancer un processus de résolution du conflit qui dure depuis plus de trois ans.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé vendredi que toute réunion « significative » devait être préparée en amont et disposer d’un ordre du jour clair. « Malheureusement, la Russie fait tout ce qu’elle peut pour que la prochaine réunion potentielle n’apporte aucun résultat », a-t-il déploré dans un message publié sur X, évoquant l’absence de mémorandum russe.

De son côté, Moscou assure que sa délégation sera bien présente à Istanbul lundi matin, prête à entamer des négociations. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué qu’une « liste de conditions pour une trêve temporaire » était en cours d’élaboration, tout en confirmant que Vladimir Medinsky, proche conseiller de Vladimir Poutine, dirigerait la délégation russe.

Les attentes restent cependant limitées : les positions des deux parties demeurent éloignées, et la première série de pourparlers tenue le 16 mai à Istanbul s’était soldée par un échec. Toutefois, la Russie comme l’Ukraine souhaitent montrer leur volonté de dialogue à l’administration Trump, qui cherche à affirmer son rôle de médiateur. Washington espère obtenir un cessez-le-feu global de 30 jours, tandis que Kiev réclame une aide militaire renforcée, et Moscou espère un assouplissement des sanctions.

Une source de blocage majeure demeure la question de l’OTAN. Selon des informations obtenues par Reuters, Moscou exigerait des garanties écrites mettant fin à tout élargissement de l’Alliance vers l’est. Une position apparemment soutenue par l’envoyé spécial de Trump en Ukraine, Keith Kellogg, qui a affirmé que les préoccupations russes étaient « justifiées ».

Le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, dont le pays joue le rôle d’hôte et de médiateur, a encouragé les deux parties à rester à la table des négociations. Son homologue ukrainien Andrii Sybiha a néanmoins précisé que la participation de Kiev dépendait toujours de la réception d’un document officiel russe : « Nous voulons mettre fin à cette guerre cette année, et nous sommes intéressés par l’établissement d’une trêve, que ce soit pour 30 jours, ou pour 50 jours, ou pour 100 jours. »

En parallèle, Moscou a réitéré au Conseil de sécurité de l’ONU sa volonté d’envisager un cessez-le-feu à condition que les Occidentaux cessent toute livraison d’armes à l’Ukraine, et que Kiev interrompe ses mobilisations militaires. Les heures à venir seront décisives pour savoir si la rencontre d’Istanbul aura bien lieu — et si elle peut marquer un véritable tournant dans cette guerre qui a déjà coûté des dizaines de milliers de vies.

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