PARIS – Face à l’impasse persistante sur le front ukrainien, la France a annoncé lundi que la Commission européenne s’apprêtait à élaborer de nouvelles sanctions économiques sévères contre la Russie, en réponse à l’absence de progrès sur un cessez-le-feu. Selon le ministre délégué Jean-Noël Barrot, ces mesures viseraient principalement les secteurs énergétique et financier russes.
S’exprimant depuis la Normandie à l’issue d’un entretien téléphonique avec ses homologues européens et le secrétaire d’État américain Marco Rubio, Barrot a indiqué que ces sanctions s’inscrivent dans une volonté partagée de forcer Moscou à s’engager « dans une logique de paix ». Il a précisé que la demande de sanctions accrues a été formulée par plusieurs dirigeants européens réunis ce week-end à Kiev, dont ceux de la France, de l’Allemagne, de la Pologne et du Royaume-Uni.
L’Union européenne travaille actuellement sur un 17e paquet de sanctions, dont l’adoption est prévue d’ici la réunion des ministres des Affaires étrangères du 20 mai. Toutefois, les discussions engagées porteraient déjà sur un niveau de mesures plus ambitieux, en coordination avec Washington. Les États-Unis envisagent en parallèle un projet de loi imposant des droits de douane de 500 % aux pays qui importent du pétrole russe, une approche que l’UE pourrait appuyer.
Le président américain Donald Trump a exprimé lundi son intention de participer aux discussions de paix potentielles en Turquie ce jeudi, après que le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy a annoncé son intention d’y rencontrer Vladimir Poutine. Moscou n’a pas encore confirmé la participation de son président.
Pour Jean-Noël Barrot, toute avancée sérieuse dépend d’un arrêt des hostilités. « Il n’est pas possible de négocier pendant que les frappes aériennes et les drones se poursuivent », a-t-il insisté, ajoutant que « des sanctions puissantes et massives » seraient appliquées si la Russie ne respectait pas l’engagement d’un cessez-le-feu.