Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies a appelé vendredi le Rwanda à retirer ses forces de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et à cesser tout soutien aux rebelles du M23, tout en prolongeant pour un an le mandat de la mission de maintien de la paix de l’ONU dans le pays, la MONUSCO.
Dans une résolution adoptée à l’unanimité, l’organe onusien a condamné l’offensive menée par le groupe armé M23, soutenu selon l’ONU par Kigali, et a maintenu sur le terrain environ 11 500 soldats chargés de protéger les civils et le personnel humanitaire, alors que les combats se poursuivent malgré un accord de paix récemment négocié sous médiation américaine.
Cette décision intervient alors que le M23 a affirmé mercredi s’être retiré de la ville stratégique d’Uvira, prise la semaine précédente. Les autorités congolaises ont toutefois qualifié ce retrait de « mise en scène », assurant que les combattants restaient présents dans la ville. Les États-Unis ont exigé que les rebelles se replient à au moins 75 kilomètres de la zone.
L’offensive du M23 a eu lieu en dépit d’un accord de paix signé plus tôt ce mois-ci à Washington par les présidents de la RDC et du Rwanda. Le texte, qui n’inclut pas directement le groupe rebelle, engage néanmoins Kigali à mettre fin à tout soutien aux groupes armés et à œuvrer à la cessation des hostilités. Le M23 négocie séparément avec Kinshasa et avait accepté plus tôt cette année un cessez-le-feu, que chaque camp accuse l’autre de violer.
Les autorités congolaises, les États-Unis et des experts de l’ONU accusent de longue date le Rwanda d’appuyer le M23, dont les effectifs seraient passés de quelques centaines de combattants en 2021 à environ 6 500 aujourd’hui, selon les Nations unies. Plus de cent groupes armés sont actifs dans l’est de la RDC, une région riche en minerais, alimentant l’une des pires crises humanitaires au monde, avec plus de sept millions de personnes déplacées.
Déployée depuis 2010, la MONUSCO a pour mission de protéger les civils et de soutenir les autorités congolaises dans leurs efforts de stabilisation. Mais son action est régulièrement critiquée par une partie de la population, frustrée par la persistance des violences. À la demande de Kinshasa, le Conseil de sécurité avait décidé en 2023 d’un retrait progressif de la force onusienne et d’un transfert graduel des responsabilités sécuritaires au gouvernement congolais, un processus désormais ralenti par la dégradation de la situation sur le terrain.