Le Royaume-Uni a dévoilé mardi une nouvelle série de sanctions massives visant les secteurs militaire, énergétique et financier de la Russie, en réponse à la plus grande attaque de drones russes sur l’Ukraine depuis le début de la guerre. Cette offensive économique, coordonnée avec l’Union européenne, marque un durcissement notable de la pression occidentale sur Moscou, alors que les tentatives de cessez-le-feu n’ont toujours pas abouti.
Le gouvernement britannique a sanctionné 100 nouvelles cibles, notamment des acteurs clés de la chaîne d’approvisionnement des systèmes d’armement russes, dont les missiles Iskander. Londres entend également frapper les opérations de désinformation du Kremlin, ainsi que les institutions financières qui facilitent le contournement des sanctions existantes. Parmi elles figurent la Bourse de Saint-Pétersbourg et l’Agence russe d’assurance des dépôts, accusées de soutenir les banques russes soumises aux restrictions internationales.
Le ministre des Affaires étrangères, David Lammy, a lancé un appel direct au président russe Vladimir Poutine : « Nous l’exhortons à accepter immédiatement un cessez-le-feu complet et inconditionnel afin que des négociations puissent avoir lieu sur une paix juste et durable. » Il a ajouté que toute tentative de Moscou de faire traîner les pourparlers renforcerait la détermination du Royaume-Uni à soutenir l’Ukraine et à paralyser l’effort de guerre russe par des mesures économiques.
Les sanctions britanniques ciblent également les campagnes d’influence russes. Le groupe Social Design Agency, déjà sanctionné en 2024, est de nouveau visé pour ses activités de désinformation et ses tentatives de déstabilisation dans plusieurs pays européens. À tous les niveaux de cette organisation, des interdictions et gels d’avoirs sont désormais en place.
En parallèle, dix-huit navires soupçonnés de faire partie de la « flotte fantôme » russe ont été ajoutés à la liste noire. Ces navires sont utilisés, selon Londres, pour contourner les restrictions internationales et maintenir les exportations de pétrole brut de la Russie. Parmi les individus sanctionnés figurent un ressortissant britannique accusé d’avoir acquis ces navires, ainsi que deux capitaines russes responsables de leur exploitation.
Le Royaume-Uni travaille également avec ses alliés du G7 pour abaisser le plafond de 60 dollars par baril actuellement appliqué au pétrole russe lorsqu’il transite par les services d’assurance et de transport maritime occidentaux. L’objectif est de restreindre davantage les revenus pétroliers de Moscou, sans pour autant perturber excessivement les marchés énergétiques mondiaux.
Cette initiative survient au lendemain d’un échange téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine, qui n’a débouché sur aucun accord de cessez-le-feu. Face à l’impasse diplomatique, Londres et ses partenaires européens cherchent à renforcer leur unité et exhortent les États-Unis à se joindre à leur stratégie de sanctions renforcées contre la Russie.