L’Iran se dit prêt à riposter tout en refusant l’élargissement du conflit avec Israël
L’Iran se dit prêt à riposter tout en refusant l’élargissement du conflit avec Israël

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré ce dimanche que l’Iran ne cherchait pas l’escalade de son conflit armé avec Israël, mais se défendrait fermement contre toute nouvelle agression. Cette déclaration intervient au moment où les tensions militaires entre les deux puissances rivales ont atteint un niveau critique, après une série de frappes israéliennes ayant notamment visé des infrastructures stratégiques iraniennes.

« L’Iran ne veut pas que le conflit s’étende à la région, sauf si nous y sommes contraints », a affirmé Araqchi depuis Dubaï. Il a précisé que les dernières actions militaires de Téhéran répondaient à une agression étrangère, et que si celle-ci cessait, les représailles iraniennes prendraient également fin. Le chef de la diplomatie iranienne a notamment qualifié les récentes frappes israéliennes sur le champ gazier de South Pars — que l’Iran partage avec le Qatar — d’« agression flagrante » et de « provocation extrêmement dangereuse ».

Araqchi a également accusé Israël de vouloir élargir intentionnellement le théâtre des affrontements au Golfe Persique, une zone hautement stratégique pour le commerce énergétique mondial. « Faire dériver ce conflit vers le Golfe est une erreur stratégique, qui vise à internationaliser une guerre localisée », a-t-il prévenu.

Dans un discours aux accents diplomatiques appuyés, le ministre a dénoncé les tentatives d’Israël de saboter les négociations nucléaires entre l’Iran et les États-Unis, qui devaient reprendre ce dimanche pour un sixième cycle à Oman. Ces discussions ont été annulées à la suite de l’escalade militaire en cours. « Nous étions prêts à présenter une proposition sérieuse dans le cadre des négociations », a affirmé Araqchi, exprimant sa frustration quant à l’interruption du processus.

Le responsable iranien a par ailleurs mis en cause les États-Unis, affirmant que l’attaque israélienne n’aurait pas pu avoir lieu sans leur appui implicite. « Téhéran ne croit pas une seconde que Washington ait été étranger aux frappes récentes », a-t-il déclaré. Il a exhorté l’administration Trump à condamner explicitement les frappes israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes, condition selon lui indispensable pour démontrer la « bonne foi » des États-Unis dans les discussions diplomatiques.

Alors que les tensions régionales s’aggravent, l’Iran semble vouloir maintenir une posture de fermeté sans céder à une logique d’escalade incontrôlée. Mais les accusations croisées et les frappes militaires mutuelles laissent peu de place, pour l’heure, à une désescalade rapide.

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