Alors que les tensions entre Israël et l’Iran atteignent un nouveau pic, la République islamique a annoncé que son parlement étudiait un projet de loi pouvant entraîner sa sortie du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Cette décision survient quelques jours après les frappes israéliennes du 13 juin, motivées par des préoccupations concernant le programme nucléaire iranien, et alors que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) accuse Téhéran de violer ses obligations en matière de non-prolifération.
Entré en vigueur en 1970, le TNP vise à limiter la prolifération des armes nucléaires, tout en reconnaissant le droit des États à développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. Il impose aux cinq puissances nucléaires historiques (États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France) un engagement à désarmer progressivement. En tout, 191 États sont parties au traité, ce qui en fait l’un des accords de désarmement les plus largement soutenus. Toutefois, des puissances comme l’Inde, le Pakistan et Israël ne l’ont jamais signé. La Corée du Nord s’en est retirée en 2003.
L’Iran, signataire du TNP depuis 1970 en tant qu’État non doté de l’arme nucléaire, dispose d’un programme d’enrichissement d’uranium qu’il affirme destiné à un usage civil. Pourtant, les puissances occidentales et Israël le soupçonnent depuis longtemps de vouloir se doter d’une capacité militaire. Un récent rapport de l’AIEA accuse Téhéran de ne pas avoir coopéré suffisamment sur des matières nucléaires non déclarées et de ne pas avoir apporté d’explications crédibles à la présence de traces d’uranium sur plusieurs sites.
Face à ces accusations, le gouvernement iranien affirme respecter ses obligations et accuse l’AIEA de partialité politique. Néanmoins, les menaces de retrait du TNP marqueraient une rupture majeure avec les engagements de non-prolifération internationaux. Le traité prévoit bien une clause de retrait, à condition d’un préavis de trois mois et de l’invocation d’« événements extraordinaires » mettant en danger les « intérêts suprêmes » d’un État.
Des sanctions internationales visent déjà l’Iran depuis 2006, pour avoir refusé de suspendre son programme nucléaire. Un accord conclu en 2015 avec six grandes puissances avait permis une levée partielle des sanctions en échange de fortes restrictions. Mais en 2018, l’administration Trump s’en est retirée unilatéralement, relançant l’escalade. Depuis, l’Iran a repris l’enrichissement à des niveaux plus élevés et les négociations pour un nouvel accord restent dans l’impasse.
L’issue de cette crise pourrait s’avérer décisive non seulement pour la stabilité régionale, mais aussi pour l’avenir du régime de non-prolifération nucléaire mondial.