TÉHÉRAN, 28 juin – Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi a déclaré samedi que si le président américain Donald Trump espérait conclure un nouvel accord nucléaire avec l’Iran, il devait impérativement « cesser d’adopter un ton irrespectueux » à l’égard du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
Dans un message publié sur la plateforme X tôt samedi matin, Araqchi a souligné que « le ton irrespectueux et inacceptable envers le leader de la Révolution islamique et les millions de ses fidèles » ne ferait que compliquer les négociations et saper toute chance d’un compromis. Cette déclaration intervient alors que les tensions diplomatiques entre Washington et Téhéran restent élevées, malgré un cessez-le-feu fragile entre l’Iran et Israël.
Depuis plusieurs semaines, Donald Trump a multiplié les déclarations publiques attaquant directement Khamenei, le qualifiant notamment d’« obstacle à la paix » et d’« oppresseur du peuple iranien ». Ces propos ont été vivement dénoncés par les autorités iraniennes, qui les considèrent comme une atteinte à la souveraineté et aux valeurs religieuses du pays.
Araqchi a précisé que Téhéran ne rejetait pas par principe la perspective de nouvelles négociations, notamment sur le nucléaire, mais que toute discussion sérieuse devait se faire dans un cadre de « respect mutuel » et sans « provocations personnelles ». L’Iran continue d’exiger la levée complète des sanctions économiques américaines en préalable à toute reprise du dialogue.
Sous l’administration Trump, les États-Unis s’étaient retirés unilatéralement en 2018 de l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA), relançant une politique de « pression maximale » qui a profondément affecté l’économie iranienne. Depuis son retour à la Maison Blanche, Trump évoque régulièrement l’idée d’un nouvel accord, mais sans modifier sa ligne dure.
La sortie du ministre iranien semble indiquer que, pour Téhéran, les négociations ne pourront progresser tant que le président américain persistera dans ses attaques verbales contre l’autorité religieuse suprême du pays. Une posture qui rend toute avancée diplomatique peu probable à court terme.