L’Inde a annoncé son intention d’envoyer des équipes pour surveiller les élections générales prévues au Myanmar en décembre, a rapporté lundi la presse d’État birmane. Cette décision marque un soutien affiché de New Delhi à un scrutin dénoncé par de nombreux opposants comme une « mascarade », dans un pays en proie à une guerre civile depuis le coup d’État militaire de 2021.
L’annonce est intervenue après une rencontre entre le Premier ministre indien Narendra Modi et le chef de la junte birmane, le général Min Aung Hlaing, en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Tianjin, en Chine. Il s’agit d’une rare apparition internationale pour le dirigeant birman, largement ostracisé sur la scène mondiale depuis sa prise de pouvoir.
L’armée birmane, qui a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi, affirme vouloir organiser un retour progressif à la démocratie à travers ces élections. Mais pour les groupes d’opposition et de nombreux pays occidentaux, ce scrutin ne serait qu’un moyen pour la junte de consolider sa légitimité, alors que les violences entre forces militaires et groupes de résistance se poursuivent dans plusieurs régions du pays.
Le soutien de l’Inde, voisin direct du Myanmar avec lequel elle partage une longue frontière, souligne la volonté de New Delhi de maintenir des liens avec Naypyidaw, notamment pour des raisons stratégiques et sécuritaires. Cette position contraste avec celle de nombreux pays démocratiques qui continuent d’appeler à un véritable processus politique inclusif et à la fin de la répression.