L’Inde annonce qu’elle ne rétablira jamais le traité sur les eaux de l’Indus avec le Pakistan
L’Inde annonce qu’elle ne rétablira jamais le traité sur les eaux de l’Indus avec le Pakistan

NEW DELHI – Dans une déclaration aux conséquences géopolitiques potentiellement explosives, le ministre indien de l’Intérieur, Amit Shah, a affirmé que l’Inde ne rétablira « jamais » le traité historique de 1960 sur les eaux de l’Indus conclu avec le Pakistan. Cette décision, selon lui, est définitive, et les eaux actuellement destinées au Pakistan seront désormais détournées pour répondre aux besoins internes de l’Inde.

Dans une interview accordée au Times of India samedi, Amit Shah a expliqué que cette rupture faisait suite à un attentat qualifié de terroriste par New Delhi, ayant coûté la vie à 26 civils au Cachemire indien. L’Inde accuse des groupes basés au Pakistan d’être responsables de l’attaque, ce qui a entraîné une rupture progressive de plusieurs mécanismes bilatéraux, dont le très sensible traité sur les eaux.

Signé en 1960 sous l’égide de la Banque mondiale, le traité de l’Indus est souvent cité comme l’un des rares exemples de coopération réussie entre les deux puissances nucléaires malgré leurs nombreux conflits. Il répartit l’usage des six principaux fleuves du bassin de l’Indus, accordant l’usage exclusif de trois d’entre eux – l’Indus, le Jhelum et la Chenab – au Pakistan, ce qui garantit l’approvisionnement en eau pour 80 % de son agriculture.

En mettant fin à sa participation au traité, l’Inde remet en cause cet équilibre délicat et menace directement la sécurité hydrique du Pakistan, déjà confronté à des pénuries d’eau aiguës et à des effets croissants du changement climatique. La décision indienne pourrait aussi provoquer une nouvelle escalade diplomatique, voire militaire, dans une région marquée par une histoire d’affrontements armés.

Amit Shah a justifié la décision comme une mesure de souveraineté nationale, affirmant que l’eau de l’Inde devait « profiter d’abord aux citoyens indiens » plutôt qu’« alimenter un pays qui héberge des terroristes ». Aucun commentaire immédiat n’a été formulé par Islamabad, mais des responsables pakistanais ont dans le passé qualifié cette menace de rupture du traité d’« acte de guerre ».

Alors que les tensions restent vives entre les deux voisins, cette annonce pourrait marquer la fin de l’un des derniers canaux de coopération existants, renforçant les risques de conflit dans une région déjà instable.

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