L’ex-président gabonais Ali Bongo s’exile en Angola avec sa famille après près de deux ans de détention
L’ex-président gabonais Ali Bongo s’exile en Angola avec sa famille après près de deux ans de détention

LUANDA, 16 mai 2025 — L’ancien président gabonais déchu Ali Bongo Ondimba a quitté le Gabon pour l’Angola jeudi soir, en compagnie de son épouse Sylvia Bongo et de leur fils Noureddin, a annoncé vendredi la présidence angolaise. Ce départ intervient après leur libération, près de deux ans après le coup d’État militaire d’août 2023 qui avait mis fin à plus de cinq décennies de pouvoir de la famille Bongo.

Selon le porte-parole de la présidence angolaise, Luis Fernando, la famille a été accueillie « pour des raisons humanitaires ». Il a précisé que les Bongo décideront eux-mêmes du pays dans lequel ils souhaitent s’exiler de manière définitive. Des photographies officielles les montrent à leur arrivée à l’aéroport de Luanda, capitale angolaise.

Sylvia Bongo, 62 ans, et leur fils Noureddin, 33 ans, avaient été arrêtés peu après le putsch et inculpés de plusieurs délits financiers, notamment de détournement de fonds publics et de blanchiment d’argent. Selon des sources proches du dossier, ils ont été assignés à résidence le 9 mai dernier, après avoir passé plusieurs mois dans des cellules situées sous le palais présidentiel à Libreville.

Ali Bongo, 66 ans, avait lui aussi été placé en résidence surveillée après sa destitution, bien que les nouvelles autorités aient affirmé à plusieurs reprises qu’il était libre de ses mouvements. Ses proches ont démenti, dénonçant une détention déguisée.

L’avocat de la famille, Me François Zimeray, a confirmé la libération et le départ des Bongo. « Sylvia et Noureddin Bongo vont enfin pouvoir tourner la page, guérir et reconstruire », a-t-il déclaré, saluant « les efforts judiciaires et diplomatiques » ayant conduit à cette issue. L’Union africaine avait récemment appelé à la libération de la famille de l’ancien président.

Les partisans des Bongo ont dénoncé des actes de torture en détention, des allégations fermement rejetées par le général Brice Oligui Nguema, auteur du coup d’État et désormais président élu du Gabon. Ce dernier a prêté serment ce mois-ci pour un mandat de sept ans après une victoire écrasante lors d’un scrutin présidentiel dont les résultats sont contestés par une partie de l’opposition.

Ali Bongo avait pris la tête du Gabon en 2009 à la mort de son père, Omar Bongo, qui avait dirigé le pays pendant plus de 40 ans, faisant de leur dynastie politique l’une des plus longues du continent africain.

Partager