Les États‑Unis interdisent l’entrée sur leur territoire à Thierry Breton. (AP)
Les États‑Unis interdisent l’entrée sur leur territoire à Thierry Breton. (AP)

Les autorités américaines ont annoncé le refus de visas d’entrée sur le territoire à cinq ressortissants européens, parmi lesquels figure l’ancien commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton. Washington cherche en effet à contrer ce qu’il considère comme des efforts de censure dirigés contre des plateformes numériques américaines et la liberté d’expression des citoyens des États‑Unis.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé que ces personnes avaient « mené des efforts organisés pour contraindre les plateformes américaines à censurer ou supprimer des points de vue américains auxquels ils s’opposent » et a qualifié ces actions de « censure extraterritoriale ». Il a ajouté que l’administration américaine ne tolérerait plus ces pratiques visant à influencer les contenus publiés par des entreprises technologiques américaines.

Les autres personnalités visées

Parmi les personnes concernées figurent plusieurs dirigeants d’organisations non gouvernementales spécialisées dans la lutte contre la désinformation et le discours de haine en ligne, notamment Imran Ahmed, Clare Melford, Anna‑Lena von Hodenberg et Josephine Ballon, tous actifs dans la régulation et la surveillance des contenus numériques en Europe.

Thierry Breton accusé de censure

Thierry Breton, qui a dirigé la politique numérique et industrielle de l’Union européenne de 2019 à 2024, est considéré comme un acteur clé du Digital Services Act, législation européenne adoptée en 2022 visant à encadrer la responsabilité des plateformes numériques et à renforcer la transparence des décisions de modération de contenu. Les autorités américaines reprochent à cette loi d’imposer des contraintes excessives aux grandes plateformes américaines et de favoriser une forme de censure des opinions jugées contraires par les régulateurs européens.

Thierry Breton a dénoncé ce qu’il qualifie de « chasse aux sorcières », comparant la mesure aux pratiques de l’ère McCarthy aux États‑Unis, et affirmant que « la censure n’est pas là où vous le pensez ».

La France dénonce cette décision

La décision américaine a provoqué des critiques en Europe. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot, a condamné la restriction de visa visant Thierry Breton et les autres personnalités, soulignant que les peuples européens restent libres et souverains concernant la régulation de leur espace numérique et que le Digital Services Act n’a pas de portée extraterritoriale et ne concerne pas directement les États‑Unis.

Partager