Les États-Unis annoncent la révocation de visas d’étudiants chinois dans les domaines sensibles
Les États-Unis annoncent la révocation de visas d’étudiants chinois dans les domaines sensibles

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé mercredi que les États-Unis allaient entamer la révocation de visas pour certains étudiants chinois, notamment ceux inscrits dans des filières jugées stratégiques. Cette décision marque un nouveau durcissement de la politique migratoire et universitaire de l’administration Trump, qui cible les liens entre l’enseignement supérieur américain et la Chine, accusée de représenter une menace pour la sécurité nationale.

« Sous la direction du président Trump, le département d’État coopérera avec le département de la Sécurité intérieure pour révoquer agressivement les visas des étudiants chinois, notamment ceux ayant des liens avec le Parti communiste chinois ou inscrits dans des domaines critiques », a écrit Marco Rubio. Aucune réaction n’a été obtenue dans l’immédiat de la part de l’ambassade de Chine à Washington.

Cette décision intervient dans un contexte de méfiance croissante envers les partenariats universitaires sino-américains. Des élus républicains ont récemment demandé à plusieurs universités, dont Duke et Harvard, de rompre leurs collaborations avec des institutions chinoises, accusées d’utiliser la recherche américaine pour des fins militaires ou politiques. Harvard est notamment accusée d’avoir formé des membres d’un groupe paramilitaire chinois, tandis que le ministère de la Sécurité intérieure évoque des liens de coordination avec le Parti communiste chinois.

En parallèle, le département d’État a suspendu les entretiens pour les nouvelles demandes de visas étudiants, le temps de finaliser des lignes directrices renforçant le contrôle des activités des candidats sur les réseaux sociaux. Depuis 2019, les demandeurs doivent fournir leurs identifiants de réseaux sociaux, mais les nouvelles règles promettent un examen encore plus approfondi, sans précision pour l’instant sur leur contenu exact.

Ces mesures viennent accentuer l’incertitude qui pèse sur les étudiants internationaux, déjà visés par plusieurs décisions controversées depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Des arrestations et menaces d’expulsion ont visé des étudiants impliqués dans des manifestations sur les campus, notamment sur le conflit Israël-Hamas. L’administration Trump a également tenté d’interdire à Harvard d’accueillir de nouveaux étudiants étrangers, une mesure actuellement suspendue par un juge fédéral.

Dans une déclaration depuis le Bureau ovale, Trump a affirmé que les universités américaines devaient limiter la part d’étudiants étrangers à environ 15 % de leur effectif, contre plus d’un quart actuellement à Harvard. « Je veux m’assurer que les étudiants étrangers soient des gens capables d’aimer notre pays », a-t-il déclaré.

La Chine est, derrière l’Inde, le principal pays d’origine des étudiants internationaux aux États-Unis. Lors de l’année universitaire 2023-2024, plus de 270 000 étudiants chinois étaient inscrits dans les universités américaines, soit environ un quart des étudiants étrangers. Cette population constitue une source de revenus cruciale pour de nombreux établissements, les étudiants internationaux n’ayant pas accès aux aides fédérales et payant souvent les frais de scolarité au tarif maximal.

Les nouvelles directives sur les visas pourraient dissuader de nombreux étudiants étrangers, avertissent plusieurs organisations de défense des libertés académiques. Jonathan Friedman, de PEN America, dénonce une politique qui pourrait remettre en cause « la position historique des États-Unis comme carrefour mondial d’échange intellectuel et culturel ».

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